L'excès d'endettement reste le talon d'Achille de la croissance chinoise

le 21/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le ralentissement de la croissance en Chine à 7,4% en 2014 devrait se poursuivre avec le maintien des mesures pour limiter le risque de crédit.

Mission accomplie pour la Chine. Avec un rythme de croissance stable au dernier trimestre 2014 à 7,3%, selon les chiffres officiels, Pékin n’a finalement raté que de 0,1 point son objectif de croissance de 7,5% et a même dépassé d’autant les attentes du consensus. Si ce niveau est le plus faible depuis 1990, année qui suivit celle du massacre de la place Tiananmen, ce ralentissement progressif de l’activité s’inscrit dans la «nouvelle norme» définie par Pékin visant un rééquilibrage de l’économie. Le poids de la consommation des ménages dans le PIB s’est renforcé de 3 points en un an pour atteindre 51,2% en 2014, et celui des services de 2,1 points, à 48,2%.

«Le fait que les autorités aient réussi à atteindre un niveau de croissance très proche de la cible tout en augmentant le rythme des réformes (shadow banking et finances locales) et en maintenant les mesures de freinage de l’immobilier montre l’efficacité des mesures ciblées», estime ING. La baisse des taux directeurs de 50 pb en novembre, les injections de liquidités et les baisses ciblées du ratio des réserves obligatoires ont permis au taux à 10 ans de reculer de 125 pb depuis son point haut de novembre 2013 pour revenir à 3,42% hier. Le taux Shibor 7 jours à 3,8% s’est également détendu après les tensions de fin d’année.

Ces mesures n’ont pourtant pas permis d’endiguer la correction du marché immobilier qui a pesé sur l’investissement, avec une chute des mises en chantier de 26,8% sur un an en décembre. Si de nouvelles mesures de relance monétaire et budgétaire sont anticipées pour stimuler la croissance du PIB, attendue à 6,8% par le FMI, les autorités se sont montrées réticentes à lancer des politiques trop massives de soutien pour limiter les risques de crédit.

Des hésitations renforcées «par les entrées massives de capitaux dans le marché actions ces derniers mois, dues au trading sur marge financées par le shadow banking», selon RBS. La banque s’attend à un nouveau ralentissement de la croissance du crédit total, passée de 18,5% en 2013 à 14,7% en 2014. Le recours aux produits de gestion de fortune pour investir en actions a doublé depuis juin dernier pour atteindre 1.500 milliards de yuans, selon Sinolink Securities.

Malgré un rebond de 1,8% hier, les mesures prises par les autorités ont entraîné lundi une chute de l’indice de Shanghai de 7,7%, avec une baisse du stock de dette levée pour financer les opérations de trading sur marges de 1,9% à 752 milliards de yuans.

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