Le FMI revoit en baisse ses prévisions de croissance pour 2015 et 2016

le 21/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La chute des prix du pétrole ne compense pas le ralentissement des pays émergents, notamment la Chine, et la faiblesse de l'économie en zone euro.

L'effet positif attendu de la chute des prix du pétrole sur l'économie mondiale a ses limites. Le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé ses prévisions pour l'économie mondiale en 2015 et 2016, estimant que la baisse du baril ne compensera pas la faiblesse de l'investissement. Dans une actualisation de ses perspectives économiques globales publiées hier, le FMI ne prévoit plus qu'une croissance mondiale de 3,5% cette année et de 3,7% en 2016, soit 0,3 point de moins que dans les précédentes prévisions. Une révision en baisse que sa directrice générale Christine Lagarde avait laissée entrevoir dans une conférence le 15 janvier.

Les économistes du Fonds estiment que la baisse du pétrole pourrait apporter 0,3 à 0,7 point de croissance supplémentaire à l'économie mondiale cette année et 0,4 à 0,8 point de plus en 2016 selon les scénarios envisageables. Olivier Blanchard, chef économiste, reconnaît que ce chiffrage, réalisé fin 2014, pourrait être un peu pessimiste. Mais il estime que la chute des cours du brut ne suffira pas à compenser la faiblesse de plusieurs économies «dont la croissance potentielle a été revue en baisse, amenant les entreprises à diminuer leurs investissements».

L'institution juge ainsi que la stagnation et l'inflation faible «restent des sujets de préoccupation» dans la zone euro et au Japon. Le FMI est peu optimiste pour la zone euro, tablant sur des taux de croissance de 1,2% et 1,4% contre 1,4% et 1,7% précédemment. Sa plus forte révision (-0,5 point) concerne l'Italie, où le PIB ne progresserait plus que de 0,4% cette année et de 0,8% l'an prochain. Pour la France, les révisions sont limitées à 0,1 et 0,2 point, à 0,9% pour 2015 et 1,3% pour 2016, sensiblement en deçà du scénario du gouvernement (1% en 2015 et 1,7% en 2016).

Les Etats Unis sont la seule grande économie pour laquelle le FMI rehausse ses prévisions tant pour cette année que pour l'an prochain. L'économie américaine croîtrait de 3,6% cette année puis 3,3% l'an prochain, soit des révisions de respectivement +0,5 et +0,3 point.

Du côté des pays émergents, les révisions à la baisse sont fortes du fait notamment de la Chine, mais aussi de la Russie, pour laquelle le Fonds anticipe deux ans de récession. La croissance de l'ensemble des émergents reviendrait à 4,3% cette année, après 4,4% en 2014, pour accélérer à 4,7% l'an prochain, contre de précédentes prévisions de 4,9% et 5,2%.

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