Bercy modifie à la marge la hiérarchie des taux de l'épargne réglementée

le 19/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le maintien de la rémunération du Livret A à 1% le 1er février est défavorable pour les marges des banques de détail en France.

Le grand soir de l’épargne réglementée en France attendra. Bercy a opté pour une réforme a minima de la hiérarchie des taux en France en s’abstenant de toucher à la rémunération du Livret A, maintenue à 1% le 1er février, et en ramenant le plancher des nouveaux PEL à 2%. «On peut regretter que le gouvernement n’ait pas suivi la proposition équilibrée du gouverneur de la Banque de France qui était de le fixer à 0,75% et non pas 0,25%, comme l’aurait entraîné la formule réglementaire de calcul», a réagi vendredi la Fédération bancaire française.

L’absence de baisse du taux du Livret A n’est pas une bonne nouvelle pour les banques, qui en subissent l’impact sur leurs marges. Le produit est certes moins en vogue, puisque sa décollecte cumulée de janvier à novembre 2014 atteint 5,84 milliards d’euros. Mais sa rémunération sert de référence à l’ensemble des comptes sur livrets au bilan des établissements de crédit, et renchérit donc artificiellement le coût de cette ressource par rapport aux taux de marché.

Dans une étude sur les banques françaises publiée le 5 janvier, Exane BNP Paribas estimait qu’une baisse de 0,5 point du taux du Livret A «permettrait de faire rebondir de 1,7% les revenus des activités de détail sur le marché français». Le Crédit Agricole en serait le premier bénéficiaire.

La réforme du taux minimal du PEL, abaissé de 2,5% à 2% pour les plans d’épargne logement ouverts à partir du 1er février, ramène le produit dans une échelle de rémunération plus cohérente avec les autres formes d’épargne. Le placement, à un horizon de 4 ans, risquait de devenir plus rémunérateur que certains contrats d’assurance vie en euros. Le futur taux de 2% reste cependant largement supérieur à celui des taux swaps (0,72% pour le swap 10 ans) qui lui servent de référence. Il est d’ailleurs devenu un pur placement financier, le taux du prêt auquel il donne droit (4,2%, et 3,2% pour les nouveaux plans) n’étant pas compétitif. «Cette ressource demeurera chère pour le financement du logement. Pour mémoire, le taux moyen des crédits immobiliers est de 2,36%», indique la FBF.

Les épargnants, encouragés en partie par les banques, se sont rués sur le PEL ces derniers mois. De janvier à octobre, le produit a drainé plus de 11,1 milliards d’euros, selon les statistiques de la Banque de France, contre 4,4 milliards lors de la période correspondante de 2013. Les encours du produit s’élevaient à 209 milliards d’euros fin octobre.

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