«Un niveau de l'euro beaucoup plus bas n'est pas à exclure»

le 12/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Matthieu Louanges, managing director et responsable de la gestion assurantielle en Europe chez Pimco

- L'Agefi : Jusqu’où peut chuter l’euro ?

- Matthieu Louanges : Le jour de la création de l'euro, le 4 janvier 1999, le taux de change contre le dollar clôtura à 1,1837. Depuis l'année 2003, ce niveau a constitué une résistance importante à chaque fois que l'euro a traversé des phases de baisse. Aujourd’hui, les choses semblent différentes et ce niveau vient juste d'être franchi à la baisse. S'il est difficile de fixer un objectif, la tendance baissière de la monnaie unique et la tendance haussière du dollar sont néanmoins, de notre point de vue, des tendances séculaires qui reposent sur des différences de politiques monétaires et de croissance économique de part et d'autre de l'Atlantique qui devraient perdurer. Un niveau de l'euro beaucoup plus bas que son cours actuel contre le billet vert n'est donc pas à exclure, surtout si les tensions géopolitiques mondiales devaient se renforcer.

- La dépréciation de l'euro est-elle limitée au seul dollar ?

- La dépréciation de l'euro n'est pas limitée au dollar. Elle apparaît également face à la livre sterling britannique. Il est vrai néanmoins que, de notre point de vue, c'est surtout le dollar qui est fort plutôt que l'euro faible. La force de l'économie américaine et l'attente d'une politique monétaire moins accommodante aux États Unis de la part de la Réserve fédérale (Fed), avec le lancement du processus de normalisation attendu au cours de l'année 2015, relativement au reste du monde devraient continuer de renforcer le dollar par rapport à un nombre important de monnaies. Outre l'euro ou le yen, certaines devises des pays émergents devraient également être soumises à cet effet de hausse du dollar.

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