Le gouvernement grec échoue à mettre un terme au risque politique

le 24/12/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

A l'issue du second tour, il manquait encore douze voix à la coalition gouvernementale grecque pour éviter des élections législatives début 2015.

La Grèce n’est pas encore sortie de l’impasse politique. Les compromis concédés par le chef du gouvernement Antonis Samaras à certains partis de l’opposition n’auront pas suffi pour permettre à sa majorité de rassembler la majorité de 200 voix à l’élection parlementaire, nécessaire pour éviter un troisième tour de scrutin qui se déroulera lundi prochain. Le candidat de la coalition gouvernementale Stavros Dimas n’a ainsi recueilli que 168 voix hier, soit 8 de plus qu’au premier tour mais 12 de moins que ce qui sera nécessaire lundi pour ne pas lancer le pays dans des élections législatives à hauts risques début 2015.

Antonis Samaras s’était engagé dimanche à élargir sa coalition aux élus indépendants et à organiser un scrutin législatif avant fin 2015 en échange de leurs voix. Après l’échec de cette stratégie, «il semble que la coalition ait perdu définitivement, et que la Grèce se dirige vers des élections législatives anticipées», estime Natixis. Or, les sondages récents montrent une avance du parti anti-austérité Syriza. Son président Alexis Tsipras a averti hier qu’en cas de victoire, le pays «tournera la page par un vote populaire fort en faveur de véritables négociations (sur le plan d'aide)».

Dans ce contexte, Natixis anticipe un «haut degré de la volatilité dans les prochaines semaines». Le rendement des obligations grecques à 10 ans se tendait de 11 pb hier à 8,17% à l’issue du résultat des élections. Après être tombé à un plus bas de 5,47% au début du mois de septembre, il a ensuite progressé de 268 pb dans de forts mouvements de volatilité. Depuis le début du mois, la variation du taux grec à 10 ans a ainsi atteint un niveau de 182 pb, avec un plus haut de 8,82% et un plus bas de 7% sur la période et une hausse de 91 pb sur la seule séance du 9 décembre.

Cette instabilité politique ne s’est cependant pour l’heure pas transmise aux autres pays de la zone qui bénéficient d'un effet BCE, même si nombre d’entre eux feront également face à des échéances électorales à risque au cours de l’année 2015. Sur les trois derniers mois, le rendement des obligations espagnoles, italiennes et portugaises à 10 ans reculait de respectivement 54, 47, et 50 pb, alors que le taux 10 ans grec se tendait de 220 pb. Le spread grec avec le Bund allemand a progressé de 327 pb pour atteindre un plus haut de 820 pb mi-décembre, avant de revenir à 262 pb hier.

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