La Chine fait un nouveau geste pour limiter les risques du «shadow banking»

le 22/12/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La taille du fonds de soutien aux sociétés «trust» en difficulté créé par les autorités ne semble néanmoins pas être à la hauteur des risques.

Après la résurrection des «bad banks», la Chine fait un nouveau geste pour nettoyer les activités du shadow banking en créant un fonds de sauvetage pour les sociétés fiduciaires (trusts) en difficulté. Il sera mobilisé pour faciliter la restructuration de sociétés en faillite pour des raisons financières ou de fraudes, et pour remédier à des problèmes de trésorerie ponctuels. Suite au bail-out, les actionnaires et dirigeants des trusts seront tenus légalement «responsables».

Pour alimenter le fonds, chacune des 68 sociétés du secteur devra verser 1% de ses actifs nets avec une contribution supplémentaire de 1% également sur les sommes levées dans chacun de leurs produits. Le capital d’amorçage devrait ainsi atteindre 40 milliards de yuans (5 milliards d’euros), alors que l’Association des Trusts (CTA) identifiait à fin septembre 397 produits à risque d’une valeur totale estimée à 82,4 milliards.

Pourtant, le montant du fonds est loin de couvrir la valeur du capital des actionnaires du secteur estimée à 288 milliards, et encore moins les 13.000 milliards d’actifs détenus par le secteur (50% du PIB), en croissance moyenne de 52% sur les trois dernières années. «Si nous échouons à gérer les risques individuels, cela freinerait le développement soutenable du secteur, et pourrait même se propager à l’ensemble des marchés financiers», a alerté l’autorité de régulation bancaire.

La CTA estime que 69% des actifs servent à prendre le relais des banques pour financer le secteur industriel, immobilier, minier, énergétique, ainsi que les projets  publics d’infrastructures des collectivités locales. Or, l’Etat chinois a indiqué qu’il ne garantit plus les nouveaux investissements réalisés par leurs véhicules de financement (LGFV), alors que les secteurs concernés, et notamment l’immobilier, pâtissent du ralentissement de l’activité et de la hausse des taux. La PBOC continue d'ailleurs d’injecter des liquidités sur le marché interbancaire pour amortir la hausse des taux en fin d’année.

En outre, 75% des fonds levés par les trusts proviennent des produits de gestion de fortune (WMP) distribués par les banques dans leurs réseaux, qui offrent un rendement moyen de 5,2% dépassant largement le taux de dépôt à un an de 3%. Ces produits sont investis à 39% dans les obligations et devises, à 29% dans la trésorerie et les dépôts, à 23% dans des crédits non standardisés, et à 6,5% dans les actions.

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