Vladimir Poutine prépare la Russie à une crise longue

le 19/12/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le président russe a défendu l'action de la banque centrale et se dit prêt à soutenir les entreprises et les banques

Alors que son pays fait face à la chute de sa monnaie et à un repli de l’activité économique, le président russe Vladimir Poutine a, lors de sa conférence de presse annuelle hier, défendu les actions de la banque centrale et appelé les citoyens à se préparer à une crise longue.

Le président a attribué la crise à des facteurs externes, notamment à la baisse des prix du pétrole et aux sanctions mais il a reconnu que les autorités auraient pu diversifier davantage l’économie russe pour la rendre moins vulnérable aux chocs. Il a assuré qu’il allait s’atteler à cette tâche mais qu’il faudrait sans doute attendre deux ans avant de voir la croissance revenir. «Si les prix sont bas – à 60 dollars le baril, ou même 40 dollars le baril, le chiffre importe peu, l’économie va se réorganiser, la question est : à quelle vitesse l’ajustement va-t-il se faire ?», a relativisé le président. Le pays pourrait connaître un recul du PIB de plus de 4,5% l’année prochaine si le baril restait autour de 60 dollar.

Tout en reconnaissant que la Banque centrale, qui a relevé les taux de 10,5% à 17% au début de la semaine, aurait pu agir plus rapidement, Vladimir Poutine, a estimé que dans l’ensemble, elle avait pris des mesures appropriées pour endiguer la chute du rouble. Hier après-midi, le rouble traitait à 61 face au dollar alors qu’il était descendu jusqu’à 68 en début de semaine. Vladimir Poutine a déclaré que le gouvernement devait être prêt à maintenir la stabilité des entreprises en leur fournissant des devises étrangères mais aussi des roubles.

Le gouvernement est aussi prêt à soutenir les banques qui, concernées également par les sanctions, sont de plus en plus réticentes à se prêter entre elles. Le niveau du taux interbancaire à trois mois, le mosprime, était de 28,31% hier. Un projet de loi devrait permettre aux principaux groupes du secteur de recevoir quelque 1.000 milliards de roubles (soit près de 13 milliards d’euros) de capitaux. Le gouvernement devrait autoriser l’investissement de fonds publics dans des prêts subordonnés, des obligations et des actions préférentielles des banques nationales, avec l’aide de l’agence de garantie des dépôts.

La banque centrale russe a d’ores et déjà proposé de fournir davantage de liquidités aux banques et a mis en place un moratoire sur la réévaluation de leurs actifs et passifs en devises étrangères pour éviter que cela ne nuise à leurs ratios prudentiels.

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