Les banques européennes restent sous la menace de dégradation de notes

le 09/12/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

64% des établissements de la région notés par Moody's sont placés sous perspective négative du fait de la faiblesse de l'activité en zone euro.

Les banques européennes restent sous la menace de dégradation de notes

Les banques européennes restent sous la menace d’une dégradation de leurs notes au cours de l’année prochaine. Sur l’ensemble des banques de la zone euro notées par Moody’s, seulement 3% bénéficient ainsi d’une perspective positive, alors que 64% sont sous perspective négative et risquent donc de voir leur note dégradée en 2015 par l’agence.

«La faiblesse des conditions économiques pèse sur le secteur bancaire européen», ainsi que la faiblesse des profits qui traduit sa vulnérabilité structurelle et lui impose de nouveaux ajustements de coûts et de son modèle d’activité, explique Moody’s dans ses perspectives 2015 publiées hier.

De son côté, S&P met également en avant l'environnement économique incertain en Europe pour justifier la vulnérabilité du secteur. 78% des 50 établissements les plus importants notés par l’agence sont ainsi menacés par une perspective négative, contre seulement 22% bénéficiant d’une perspective stable. «Nous avons mis sous perspective négative la plupart des banques d’importance systémique au mois d’avril dernier dans l’anticipation d’un soutien réduit des Etats», rappelle ainsi S&P. L'agence ajoute néanmoins que les «coussins provenant des instruments de bail-in junior pourrait permettre de compenser cet impact sur les notes de certaines banques».

La règlementation est également pointée du doigt par les agences. «La mise en œuvre complète des réformes de l’Union bancaire qui doit intervenir en 2015 augmente les risques de bail-in pour les créanciers senior de dette non sécurisée et pourrait conduire à une plus grande discrimination dans l’accès au marché ainsi qu’à une hausse de la volatilité des spreads», ajoute Moody’s. L’agence estime également que le niveau de capitaux d’absorption des pertes (TLAC) visé par le Conseil de stabilité financière (FSB) créera des contraintes supplémentaires de coûts et de restructuration pour les 13 banques systémiques concernées en Europe.

Sur le marché secondaire, la semaine dernière a été marquée par resserrement des spreads bancaires, à l’exception notable de MPS, malgré un marché primaire (hors covered bonds) en euro sans émission. Dans ce contexte, «UniCredit traite à des niveaux plus élevés que le reste du secteur, suivi par La Caixa et Intesa Sanpaolo. Deutsche Bank, BNP et Nordea traitent à des niveaux plus larges que la plupart des banques de notations équivalentes», estime Natixis.

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