Le plan d'investissement européen fait écho à des besoins croissants

le 26/11/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si l'investissement est inférieur de 20% à ses niveaux de 2007 dans l'ensemble de la zone euro, les besoins restent très différents entre pays.

Voilà de quoi nourrir les débats sur l’utilisation des 300 milliards d’euros que souhaite mobiliser Bruxelles en trois ans pour donner un nouveau souffle à la croissance de l’activité en zone euro. Dans une note publiée hier, France Stratégie estime que le programme d'investissements d'avenir français (PIA) lancé en 2010 suite au rapport de la commission Juppé-Rocard «Investir pour l’avenir», «constitue un exemple de gouvernance dans la sélection des projets qui pourrait être repris».

Or, l’instauration de ce principe indispensable pour l’efficacité des projets bute sur le problème de compétences publiques peu répandues dans ce domaine. Celui-ci peut néanmoins être minimisé par la création d’un fonds de fonds.

Outre la levée des freins réglementaires, France Stratégie propose de s’appuyer sur le Fonds européen d’investissements (FEI). Avec en soutien la création d’un fonds européen pour les investissements d’avenir ayant «une ambition plus large», et financé via le budget de l’Union européenne par endettement. Enfin, l’organisme souhaite l’émergence d’un «écosystème constitué par les banques nationales d’investissement et la BEI» avant tout accroissement du bilan de ces institutions. Avec pour objectif que les ressources publiques mobilisées soient un déclencheur des investissements privés.

Or, les besoins au sein de la zone euro sont croissants mais très différenciés en termes de nature et de taille selon les pays, ce qui complique l'équation. Globalement, l'investissement reste ainsi inférieur de 20% à son niveau de 2007, alors qu'aux États-Unis il est revenu à ses niveaux d’avant la crise. «L'Allemagne souffre d'un sous-investissement public chronique», alors qu'en France, le maintien de l'investissement public «ne s'accompagne pas d'investissements productifs suffisants pour stimuler la croissance à moyen terme». Si son niveau s’est stabilisé dans ces deux pays, il reste néanmoins toujours inférieur de 30% à ses niveaux de 2007 en Espagne et Italie hors logement.

Le manque d’investissement dans la recherche-développement et le vieillissement du stock de capital étant communs à l’ensemble des pays, France Stratégie cible trois secteurs clés: les transports, l’énergie et le numérique «pour lesquels le montant d’investissement additionnel pourrait atteindre 120 milliards d’euros par an», soit 60 milliards de plus que le «plan Juncker».

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