L'entrée de l'économie japonaise en récession technique mobilise les autorités

le 18/11/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Après les mesures prises par la BoJ, le gouvernement va retarder la nouvelle hausse de TVA et soutenir l'activité en contraction depuis avril.

Les marchés attendent une réaction de Tokyo face à la persistance de la faiblisse de l’activité japonaise. L’économie du pays est entrée en récession technique au troisième trimestre avec une contraction de son PIB de 1,6% en rythme annualisé, après celle de 7,3% déjà enregistrée sur les trois mois précédents. U

ne contreperformance qui a pris les marchés par surprise, le consensus tablant sur une croissance de 2,2%. Si le recul est imputable à une contribution négative des stocks privés de 2,6 points, la demande est restée faible. La consommation privée n’a en effet progressé que de 0,4% sur le trimestre, après une chute de 5% sur les trois mois suivants la hausse du taux de TVA de 5% à 8% début avril. Dans le même temps, les investissements ont reculé pour le deuxième trimestre consécutif, de 0,2% après -4,8% au deuxième trimestre.

«Les pressions baissières sur l’économie après la première hausse du taux de TVA ont été plus fortes et ont duré plus longtemps que ce que le gouvernement et la BoJ avaient anticipé», explique SG CIB. La BoJ ayant pris les devants en augmentant la taille de ses rachats d’actifs, c’est désormais le premier ministre Shinzo Abe qui devrait annoncer dès aujourd’hui le retardement de la deuxième hausse de TVA à 10%, initialement prévue en octobre 2015, ainsi que la dissolution de la chambre basse du parlement et la tenue d’élections anticipées mi-décembre. Retarder la hausse de TVA permettrait notamment de soutenir la confiance des ménages à court terme, de réduire l’impact négatif sur les salaires réels et ainsi donner plus de marges de manœuvre à la BoJ pour atteindre son objectif d’un retour de l’inflation à 2% fin 2015, selon CA CIB.

Une nouvelle relance budgétaire de 3.000 milliards de yens en 2015 est également évoquée, après celle de 5.500 milliards déjà mise en place cette année. Dans ce contexte, Citigroup table sur une «révision à la hausse des perspectives de croissance et d’inflation de la BoJ» qui prévoit actuellement une progression du PIB de 1,5% en 2015. «La force du marché actions japonais et l’amélioration de la préférence pour le risque devraient renforcer la tendance baissière sur le yen», ajoute Citigroup.

Si la devise progressait légèrement contre dollar et euro hier, elle était tombée en début de séance à respectivement 117,05 et 146,53, son plus bas depuis octobre 2007 et octobre 2008, et a chuté de 10% et 7% depuis mi-octobre.

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