La baisse des anticipations d'inflation contrarie la Fed

le 27/10/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La réunion de mercredi devrait entériner la fin des rachats d’actifs. Mais le recul de l'inflation décale le début de son processus de remontée des taux.

Sauf coup de théâtre, la Fed devrait tirer le rideau final sur sa politique de rachats d’actifs à l’issue de sa prochaine réunion mercredi, et laisser ainsi les Treasuries fluctuer sans entrave. Pourtant, le rendement à 10 ans est revenu à 2,34% et affiche une détente de 38 pb depuis mi-septembre et de 79 pb depuis le début de l’année lorsqu’il avait franchi la barre des 3%. Sur la partie 2 ans, le taux avait certes anticipé le relèvement prochain des taux directeurs en atteignant il y a un mois 0,59%, son plus haut niveau depuis mai 2011, mais il a depuis reculé de 21 pb pour tomber à 0,37%. Cette baisse reflète «l’incertitude sur les perspectives économiques mais aussi la fonction de réaction de la Fed», selon Barclays.

Certes, «les Etats-Unis continuent de produire des chiffres de bonne facture laissant entendre que l’activité est de plus en plus auto-entretenue et capable de se dispenser progressivement d’une politique monétaire ultra-accommodante», comme le souligne Natixis. La banque attend une croissance de 2,7% au troisième trimestre et un taux de chômage en baisse à 5,5% mi-2015. Dans ce contexte, le «risque d'une remontée plus brutale des taux longs est toujours présent», ajoute Natixis. Ce qui devrait conduire la Fed à conserver un biais accommodant.

Plusieurs membres du FOMC se sont par ailleurs inquiétés de la détérioration des perspectives d’inflation due à la hausse du dollar pour certains, le faucon de la Fed de Saint Louis James Bullard évoquant même un décalage de la fin du «tapering». «Les conditions d’inflation ne démontrent pas seulement les problèmes de liquidité et des aspects saisonniers des TIPS, mais aussi que les anticipations ont fortement reculé», estime BNP Paribas. Le point mort d’inflation 5 ans anticipé dans 5 ans a chuté de 33 pb depuis mi-août pour revenir à 2,33%, son plus faible niveau depuis avril.

«S’il continue à baisser, la Fed risque sérieusement de voir les marchés considérer le manque d’inflation comme le reflet de son incapacité à la faire rebondir, plutôt que comme sa volonté de ne pas la voir devenir incontrôlable», avertit BNP Paribas. L’écart entre prévisions de marchés et celles du FOMC sur l’évolution des taux Fed funds s’est creusé, avec une chute de 32 pb depuis fin septembre du taux tiré des contrats Fed funds à décembre 2015. Les marchés n’anticipent qu’une seule hausse de taux l’an prochain, alors que le FOMC prévoit en moyenne des taux à 1,375% fin 2015, avec une forte disparité entre ses membres.

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