La hausse des actifs financiers creuse les écarts de richesse

le 15/10/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les politiques d’assouplissement monétaire auraient joué un rôle dans la redistribution des richesses depuis la crise financière, selon Credit Suisse.

Le ralentissement de l’économie mondiale n’a pas empêché la poursuite de l’enrichissement personnel. Selon le Global Wealth Report 2014 dévoilé hier par Credit Suisse, le patrimoine des foyers dans le monde a progressé à hauteur de 8,3% entre mi-2013 et mi-2014 pour atteindre 263.000 milliards de dollars, soit «un niveau 20% supérieur à celui du pic des années précédant la crise financière et 39% supérieur à son niveau récent le plus bas en 2008» selon l’étude. Avec respectivement 34,7% et 32,4% de la contribution à la richesse mondiale, les Etats-Unis et l’Europe ont constitué les locomotives de cette croissance.

«Avec quelque 19% du total, les marchés émergents apportent une contribution disproportionnée à la richesse mondiale» a souligné hier Michael O’Sullivan, responsable d’investissement au Royaume-Uni et dans la région EMEA chez Credit Suisse, au cours d’un point presse à Londres. Le nombre de millionnaires dans le monde s’est ainsi accru de 10% en une année pour atteindre 34,8 millions et les pronostics évoquent plus de 53 millions en 2019.

Cet accroissement rapide des richesses pose cependant la question de l’égalité de leur redistribution : «si depuis le début de la crise financière, on a assisté à un creusement de l’écart des richesses dans le monde, et en particulier dans les pays les plus développés, les écarts se sont en revanche réduits entre 2000 et 2014», a expliqué Antonios Koutsoukis, responsable de recherche chez Credit Suisse. Entre 2000 et 2007, les inégalités auraient ainsi chuté partout sauf en Inde et en Chine, selon Credit Suisse. Or, depuis 2007, la part de patrimoine détenue par les 10% les plus riches s’est accrue, à l’exception des Etats-Unis. Les variations entre pays seraient aussi significatives : au sein des pays du G7, les inégalités auraient ainsi progressé entre 2000 à 2014 pour le Royaume-Uni tandis que la France et l’Italie n’auraient constaté ce phénomène que sur les sept dernières années.

«Depuis le début de la crise, les actifs financiers ont progressé trois fois plus vite que les actifs non financiers (ndlr : actifs immobiliers essentiellement) et l’impact des politiques d’assouplissement monétaire en provenance des banques centrales, même s’il est encore très débattu, peut contribuer à expliquer ce phénomène», explique Michael O’Sullivan. Selon l’étude, les Etats-Unis, la Suisse et Hong Kong feraient aujourd’hui partie des économies développées les plus inégalitaires. A l’inverse de la Belgique et du Japon. La France, comme le Royaume-Uni, l’Espagne ou encore l’Italie se situeraient en revanche dans la moyenne.

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