La solidité de l'emploi américain accroît la pression sur la Fed

le 06/10/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le nombre important de créations d'emplois enregistré en septembre aux Etats-Unis a engendré une nouvelle hausse des rendements et du dollar.

Il devient de plus en plus difficile pour la Fed de conserver son discours ultra-accommodant. L’économie américaine a créé 248.000 emplois non agricoles au mois de septembre. En outre, le chiffre d’août qui avait fortement déçu les marchés a été révisé sensiblement à la hausse à 180.000, ainsi que le chiffre de juillet à 243.000, soit un ajustement cumulé de 69.000 sur les deux mois.

De quoi faire grimper la moyenne des emplois créés sur les douze derniers à 220.000. Il faut remonter au mois d’avril 2006 pour retrouver un rythme aussi élevé. Dans ce contexte, le taux de chômage est passé sous le seuil des 6%, à 5,9% pour la première fois depuis juillet 2008.

Or, la dernière prévision des membres du FOMC tablait sur un taux de chômage entre 5,9% et 6% fin 2014, son niveau actuel, et entre 5,4% et 5,6% fin 2015. Il a chuté de 1,3 point sur les douze derniers mois, et n’est plus qu’à 0,5 point de la fourchette haute du taux d’équilibre (NAIRU) défini par le FOMC entre 5,2% et 5,4%. Si la Fed prévoit actuellement qu’il ne sera atteint que fin 2016, BNP Paribas table sur un taux de chômage à 5,4% dès le printemps prochain.

Le rendement des Treasuries à 2 ans se tendait vendredi de 5 pb à 0,57%, alors que les taux implicites dérivés des contrats Eurodollar décalaient de 2 pb sur l’échéance juin 2015, 4 pb sur celle de décembre 2015 et de 7 à 8 pb sur les échéances suivantes. Sur la partie longue de la courbe, le taux à 10 ans se tendait également de 4 pb à 2,47%. Le marché des changes a été le plus vif avec une hausse du dollar de 1,2% contre euro à 1,252, et contre yen à 109,68. L’indice DXY (dollar contre les principales devises pondéré par les échanges) s’envolait également de 1,1% pour atteindre 86,6, son plus haut niveau depuis juin 2010.

Les minutes de la dernière réunion du FOMC publiées mercredi, ainsi que le nouvel indicateur avancé de l’emploi publié aujourd’hui par la Fed, pourraient éclairer sur le moment choisi pour déclencher le processus de normalisation monétaire. Nul doute que Janet Yellen mettra en avant la baisse du taux de participation à un plus bas historique de 62,7% pour relativiser la baisse du taux de chômage.

En outre, le ralentissement de la croissance des salaires à un rythme annuel de 1,95% en septembre, après 2,12% en août, repousse les risques de hausse de l’inflation, à 1,7%. D’autant que la hausse du dollar et la baisse des prix du pétrole ont fait chuter les points morts d’inflation des TIPS à 10 ans de 30 pb ces deux derniers mois, sous les 2%.

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