L'Ircantec multiplie les appels d'offres pour ses mandats de gestion

le 06/10/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La caisse de retraite complémentaire du secteur public achèvera en 2015 le déploiement de sa démarche ISR

L’Ircantec va donner du travail aux sociétés de gestion. La caisse de retraite complémentaire obligatoire du secteur public prévoit en effet de lancer deux appels d’offres dans les mois qui viennent, pour des mandats de quatre ans dont le montant unitaire pourrait atteindre jusqu’à 200 millions d’euros.

Ils concerneront une poche obligations d’entreprises investment grade et une poche actions gérée en stratégie smart bêta. Un dialogue compétitif sera lancé pour un troisième mandat, diversifié celui-là, centré sur les PME et ETI cotées et non cotées. Par ailleurs, les mandats de gestion accordés en 2011 seront renouvelés en 2015.

Ces projets s’inscriront dans la démarche investissement socialement responsable (ISR) de l’Ircantec. Alors que démarre aujourd’hui la semaine de l’ISR, la caisse veut passer à la vitesse supérieure en la matière. Sa démarche entamée en 2009, et qui concerne aujourd’hui la totalité de ses valeurs mobilières, s’est étendue à l’immobilier à partir de 2012 (concentré sur le financement des Ehpad associatifs, du logement social et du logement étudiant) et aux actifs diversifiés. Aujourd’hui, les 7,5 milliards d’euros de réserves de l’Ircantec, dont la gestion des placements est déléguée à la Caisse des dépôts, sont investis à 35% en obligations d’Etat, 25% en obligations d’entreprises, à 30-35% en actions, à 3% dans l’immobilier (avec un objectif à 5%) et à 3% en actifs diversifiés.

La généralisation de la politique ISR de la caisse va se traduire dans la poche actifs diversifés par un accent mis sur le financement de la transition énergétique et du tourisme social. L’Ircantec manifeste également un intérêt pour les fonds viager. Pour la poche actions, la caisse va renforcer sa politique de vote en assemblée générale (l’un des critères déterminant de l’ISR), en systématisant le dialogue actionnarial avec les dirigeants des sociétés cotées à partir de 2015.

Pour 2014, année de la mise en place de cette politique, l’Ircantec revendique un taux d’opposition et d’abstention de 37% dans les vingt entreprises les plus importantes de son portefeuille. Mais consciente de sa faible influence dans des groupes à forte capitalisation, elle participe aux efforts d’harmonisation et de coordination des politiques de vote avec ses homologues français, l’Erafp et le Fonds de réserve pour les retraites.

De quoi relancer le débat sur la constitution d’un vrai pôle public de retraite que le président de l’Ircantec Alain Gaillard appelle de ses vœux.

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