«La BCE devrait cibler d’autres titres de dette privée en cas de QE»

le 29/09/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Frédérik Ducrozet, économiste chez Crédit Agricole CIB

- L'Agefi : La déception sur la demande de la première TLTRO accroît-elle la probabilité d’un QE ?

- Frédérik Ducrozet : La demande plus faible qu’attendu – 83 milliards d'euros sur les 400 milliards potentiels pour les deux opérations conduites cette année – va maintenir la pression sur la BCE, qui n’en avait pas besoin. Mario Draghi devrait répéter que la BCE est engagée dans une stratégie d’assouplissement du crédit à moyen terme et qu’elle reste prête à en faire plus si besoin. Le fait est que c’est lui-même qui a annoncé une cible quantitative d’expansion du bilan de la BCE, de l’ordre de 1.000 milliards d'euros (sans horizon de temps à ce stade). De deux choses l’une, soit la BCE peut se permettre de jouer la montre jusqu’en décembre, soit un nouveau choc, même modeste, l’oblige à élargir le périmètre de ses rachats d’actifs (ABS et CBPP, qui doivent être lancés prochainement). Dans ce cas, il nous semble préférable et plus probable que la BCE cible d’autres titres de dette privée, en se laissant la possibilité d’acheter des obligations souveraines.

- Quelle sera l’évolution des taux monétaires à court terme ?

- Après la première TLTRO, l’excès de liquidité devrait fluctuer entre 100 et 150 milliards d'euros dans les prochaines semaines. C’est un niveau qui, récemment, s’est avéré suffisant pour refaire passer l’Eonia en territoire négatif, probablement dans une fourchette comprise entre 0 et -5 pb. A moins que la BCE ne lance rapidement des rachats d’actifs non stérilisés à grande échelle, ce n'est qu'en décembre, après la deuxième TLTRO, que les conditions de liquidité pourraient justifier un fixing de l’Eonia durablement inférieur à -5 pb.

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