La Chine envoie un nouveau signal fort d'assouplissement monétaire

le 22/09/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La baisse du taux à 14 jours de 20 pb est la dernière mesure concédée par la PBOC pour soutenir une croissance chinoise en voie de fléchissement

La Chine a du mal à choisir entre réformes et croissance. Après l’injection de 500 milliards de yuans (63 milliards d’euros) de liquidités ciblées sur les cinq plus grandes banques du pays dans le cadre de son programme de prêts collatéralisés d’un mois à 3 mois (Standing Lending Facility), et de 8 milliards par ses opérations d’«open market» sur la semaine dernière, la PBOC a baissé son taux de refinancement à 14 jours de 20 pb pour le ramener à 3,5%. Une baisse de 10 pb avait déjà été concédée fin juillet.

Elle intervient à la suite d’une série d’assouplissements ciblés concédés depuis juin: baisse du ratio des réserves obligatoires, octroi de prêts à des taux décotés pour financer des projets d’infrastructures et stimuler le crédit bancaire aux PME et au secteur agricole. Dans ce contexte, cette dernière décision «envoie un message clair et fort du fait que la PBOC est convaincue de la nécessité de tirer les taux d’intérêt à la baisse, après des chiffres d’activité en juillet et août suggérant une détérioration des perspectives économiques et un affaiblissement de la demande intérieure», estime Barclays.

Le taux Shibor à 7 jours est revenu à une moyenne de 3,32% depuis le début du mois, après 3,49% et 3,85% sur juillet et août. Parallèlement, le taux de swap à un an contre Shibor 7 jours s’est détendu de 21 pb la semaine dernière, à 3,40%. Des niveaux de taux courts qui convergent vers le taux de dépôt à un an de référence fixé par les autorités à un plafond de 3,30%, et qui devrait être libéralisé d’ici à 2017. La partie longue de la courbe a également réagi positivement avec une détente du rendement à 10 ans de 18 pb à 4,07%, contre 4,30% en moyenne depuis le début de l’année.

Malgré cette détente, «le coût du capital des entreprises a à peine bougé, avec des conditions de crédit toujours serrées qui alimentent l’aversion pour le risque des prêteurs, suite aux premiers défauts obligataires ainsi qu’à la correction du marché immobilier», rappelle SG CIB. Barclays estime le taux moyen de prêts aux entreprises à environ 7%. Les ventes de logements se sont contractées de 9,4% sur les sept premiers mois de l’année, après +17,3% en 2013.

Barclays table ainsi sur deux baisses du taux de référence de 25 pb d’ici à la fin de l’année pour soutenir la croissance, attendue par RBS à 7,1% au deuxième semestre et 7,2% sur l’année.

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