Les pressions à la baisse sur le prix du pétrole s’atténuent

le 18/09/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'Opep évoque une diminution de sa production. Le débouclage des positions longues spéculatives, réduites des deux tiers depuis juin, semble toucher à sa fin

L’or noir interrompt sa chute. Après être passé de 115 dollars mi-juin à 96,21 dollars dans la journée de lundi, le prix du baril de Brent s’est redressé pour se rapprocher hier de la barre fatidique des 100 dollars (à 99,61 au plus haut de la séance). Le brut américain (WTI), qui était tombé sous les 91 dollars lundi, a dépassé en séance les 95 dollars.

La forte correction estivale tient à la fois à des éléments macroéconomiques et financiers. Elle est intervenue paradoxalement alors que le risque géopolitique ne cessait de s’accroître au Moyen-Orient, avec la montée en puissance des djihadistes de l’Etat islamique en Irak. «La prime liée au risque géopolitique s’est dégonflée dans la mesure où les craintes de rupture d’approvisionnement dans les zones perturbées ne se sont pas concrétisées», rappelait la semaine dernière Turgot AM. Le rebond de la production en Libye et en Afrique de l’Ouest a même créé un surplus d’offre.

L’analyse macroéconomique a donc repris le dessus, et la faiblesse constatée au mois d’août en zone euro, mais surtout en Chine, a conduit les prévisionnistes à réviser à la baisse la consommation de pétrole. Au point que mardi, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a évoqué une diminution de 500.000 barils, à 29,5 millions, de sa production 2015, d’où le rebond constaté sur les prix.

La correction est aussi le fait du débouclage des positions spéculatives. «Les positions longues nettes des investisseurs financiers sur le Brent, en pourcentage du total des intérêts ouverts, ont été réduites des deux tiers depuis leur pic de fin juin, indique Harry Tchilinguirian, stratégiste matières premières de BNP Paribas. Le retrait de ces acteurs, positionnés en général sur la partie courte de la courbe, n’a pas seulement tiré les prix à la baisse, mais aussi conduit à une structure en contango (ndlr: de prix futures supérieurs au prix spot) que l’on n’a pas constatée sur le WTI». Les positions financières représentent aujourd’hui 5% du total, contre 14,8% fin juin.

«L’exposition des investisseurs au Brent est actuellement très faible, et pourrait se reconstituer facilement si l’incertitude géopolitique, comme des attaques terroristes sur des capacités pétrolières en Libye et en Irak, faisaient à nouveau peser un risque sur l’offre», poursuit le stratégiste.

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