Les perspectives budgétaires de la France l'exposent à une dégradation par Moody's

le 18/09/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'impact sur les marchés d'un possible abaissement d'un cran de la note du pays à Aa2, vendredi soir, devrait cependant rester limité

La probable dégradation de la France par Moody’s vendredi soir ne devrait pas perturber outre mesure les marchés. A ce jour, la France est notée Aa1 par Moody's, contre AA par Standard & Poor’s et AA+ par Fitch. «Nous pensons qu’il existe une forte probabilité que la France soit dégradée de Aa1 à Aa2, en ligne avec la notation de S&P», affirme la recherche sur les taux de RBS.

Dans une note publiée en août, Moody’s avait souligné qu’il était important pour la qualité de crédit de la dette française que des réformes structurelles soient mises en œuvre, que les perspectives de croissance ne se dégradent pas et que le ratio de dette sur PIB ne dérive pas vers 100%.

Or, le gouvernement français vient de réviser ses prévisions de croissance et de déficit. La prévision de croissance du PIB a été ramenée de 1% à 0,4% pour 2014 et de 1,7% à 1% pour 2015. Le déficit devrait atteindre 4,4% du PIB cette année et 4,3% en 2015 contre 4,1% l’année dernière. Ce n’est qu’en 2017 et non en 2015 qu'il devrait passer sous la barre des 3% du PIB comme le veulent les règles européennes. Le gouvernement ne présentera son budget que le 1er octobre prochain mais, selon les informations des Echos, la dette devrait représenter environ 95% du PIB cette année et culminer à quelque 98% du PIB l’année prochaine.

La dégradation des perspectives d’évolution des finances publiques et de croissance devrait convaincre Moody’s de déclasser la France, selon François Cabau, économiste chez Barclays. Il estime par ailleurs que «la France doit encore agir de manière convaincante sur le front des réformes structurelles». D’autant «qu’il semble de plus en plus que la faiblesse de l’économie n’est pas seulement un accident cyclique mais pourrait aussi refléter une croissance structurellement faible».

Pas plus les économistes de BNP Paribas que les analystes de RBS ne s’inquiètent des conséquences d’une dégradation. «Nous nous attendons à un impact sur le marché très limité dans l’environnement actuel de taux bas», écrivent ces derniers. Alors que la Banque centrale européenne a abaissé le taux directeur à 0,05% et qu’elle lance une opération de refinancement des banques aujourd’hui, le rendement des obligations françaises à 10 ans était de 1,40% hier, contre 1,04% pour celles de l’Allemagne. L'agence de la dette allemande a même réussi à placer 3,34 milliards d'euros d'obligations à 2 ans hier, avec un rendement moyen négatif de 0,07%.

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