Le marché des changes sort d’une longue période de léthargie

le 15/09/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La volatilité des principales devises des pays développés s'est très nettement redressée après être tombée à ses plus bas historiques début juillet

Le marché des changes semble se ranimer. La volatilité implicite à un mois de l’euro-dollar a bondi de 70% à 7,08% depuis début juillet et de 30% depuis début septembre. Celle du dollar-yen s’est reprise de 72% à 8,02%, et de l’euro-yen de 54% à 7,10%, alors que la volatilité du dollar contre livre sterling a plus que doublé en deux semaines pour passer brièvement au-dessus des 10% face aux inquiétudes quant à une éventuelle indépendance de l’Ecosse.

D’une manière générale, depuis son point bas historique de 5,11% touché début juillet, l’indice de volatilité des pays du G7 calculé par JPMorgan a regagné plus de 50% pour revenir à 7,69% hier.

«Les craintes d’une remontée des taux aux Etats-Unis sont plus prononcées dans les pays du G10 que dans les marchés émergents, même si ces derniers sont nettement plus exposés au débouclage des carry trades», précise Citigroup. L’indice de volatilité des devises émergentes n’a ainsi progressé que de 20% à 7,05% depuis juillet, pour repasser en dessous de celui des devises du G7 pour la première fois depuis août 2013. Ces niveaux de volatilité restent néanmoins inférieurs à leur moyenne de long terme, autour de 10,5% pour les deux univers.

«La plupart des devises émergentes sont pour l’heure protégées par des niveaux de taux élevés ou par l’amélioration notable de leur fondamentaux», explique Nordine Naam, stratégiste change chez Natixis. Le rebond de la volatilité à 1 mois du réal contre dollar a été limité à 37% depuis début juillet, celle du rouble à 26%, alors que celle de la roupie indienne a même chuté de 6%. «Certaines d’entre elles pourraient néanmoins être pénalisées si la Fed confirmait son scénario de resserrement monétaire en juin 2015», alerte Nordine Naam qui cible le rand sud-africain du fait de «fondamentaux négatifs».

Cette semaine, marquée par la réunion de la Fed mercredi, par le premier TLTRO ciblé de la BCE et le référendum écossais jeudi, sera à hauts risques. «Au moindre écart par rapport aux anticipations, la volatilité devrait repartir à la hausse», alerte Nordine Naam. Sur la fin de l’année, BNP Paribas estime que la volatilité des devises bénéficiant de conditions monétaires durablement accommodantes (BCE, BNS et BoJ) devrait augmenter plus que celles où elles devraient se resserrer en réaction à la hausse des taux américains (dollars australien et néo-zélandais, livre sterling, réal brésilien).

A lire aussi