«La baisse de l'euro procède surtout d’un effet BCE»

le 15/09/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Jean-Luc Proutat, responsable économies de l'OCDE à la direction des études économiques chez BNP Paribas

- L'Agefi : La baisse de l’euro est-elle uniquement liée à un effet dollar?

- Jean-Luc Proutat : S’il est vrai que l’euro a surtout baissé en regard du dollar, son repli est généralisé depuis le 5 juin. Il s’agit du moment où la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé une reprise de ses prêts à long terme et l’introduction d’une taxe sur la facilité de dépôt, celle-ci venant d’être portée à 0,20%. Ce faisant, elle a créé les conditions d’un «carry» favorable à la dépréciation du change. La rémunération de l’euro est négative au jour le jour, et inférieure à celle du dollar sur toute la courbe du marché monétaire, ce qui n’était pas le cas il y a encore quatre mois. La baisse de la monnaie unique procède donc, surtout, d’un «effet BCE».

- Pourquoi le yen baisse-t-il à nouveau contre dollar?

- Sans doute parce que l’on est en train de s’apercevoir que les «Abenomics» ne feront pas de miracle. Depuis leur lancement, la Banque du Japon a acheté pour plus de 700 milliards d’euros de titres de dette publique et fait gonfler d’autant la taille de son bilan, aujourd’hui équivalente au PIB de la France. Le yen a baissé, l’inflation est repartie, mais les comptes extérieurs ne se sont pas améliorés et l’activité n’a pas connu le redressement attendu. L’économie du Japon, qui pourrait perdre jusqu’à 25 millions d’actifs d’ici à 2050, subit une contrainte d’offre. La lourde chute du PIB au deuxième trimestre de 2014 (-1,8%), consécutive au relèvement de la TVA, est venue rappeler sa fragilité. Le gouvernement pourrait donc être tenté d’en faire toujours plus pour affaiblir la monnaie.

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