L'économie suisse a marqué le pas au deuxième trimestre

le 03/09/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le PIB a stagné comparé au trimestre précédent. L'euro se rapproche du taux plancher fixé par la banque centrale en 2011

Coup d'arrêt inattendu pour l'économie suisse au deuxième trimestre. Le produit intérieur brut (PIB) du pays a stagné au cours de cette période comparé au trimestre précédent, a indiqué hier le secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) dans un communiqué. Au premier trimestre, il s'était accru de 0,5%. Malgré une hausse de 0,2% de la consommation privée, la situation a été difficile sur le front de la demande. «La balance commerciale a constitué un frein à la croissance avec des exportations progressant à un rythme plus lent que les importations», souligne la recherche de Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ (MUFG). Du côté de la production, le Seco a précisé que «l'industrie, le commerce de gros et les services financiers (soit environ 40% du PIB) n'ont livré aucune impulsion significative à la croissance». Une faiblesse surprenante a en outre a été observée dans la construction.

La politique de taux plancher mise en place par la Banque nationale de Suisse (BNS) «a, de toute évidence, été incapable de protéger la Suisse du récent déclin économique en Europe», note Peter Rosenstreich, chef stratège des devises chez Swissquote Bank. «Il semble qu'en dépit des actions de la BNS, l'adage "quand l'Europe éternue, la Suisse s'enrhume" se vérifie», ajoute-t-il. Dans ce contexte économique européen dégradé, également marqué par les perspectives d'un programme d'assouplissement quantitatif de la BCE et les tensions avec la Russie, l'euro se rapproche dangereusement du taux plancher de 1,20 franc fixé par la BNS.

Son président, Thomas Jordan, a rappelé lundi que ce plancher fixé en 2011 ans était «crucial». Pour MUFG, des données telles que celles publiées hier, «qui renforcent les risques à la baisse pesant sur la déflation, alimenteront les rumeurs selon lesquelles, à un certain moment, la BNS pourrait encore avoir à défendre ce plancher». La prochaine réunion de politique monétaire de la BNS, le 18 septembre prochain, sera suivie avec attention afin d'y déceler d'éventuelles modulations dans le vocabulaire employé. Elle sera également l'occasion pour l'institut de publier une mise à jour de ses prévisions économiques, alors que Thomas Jordan a estimé dernièrement que l'environnement économique s'était «clairement détérioré» en Suisse.

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