La banque centrale d'Australie est aux prises avec une devise surévaluée

le 03/09/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le dollar australien affiche la meilleure performance du G10 face au billet vert en 2014, alors même que le prix du minerai de fer ne cesse de plonger

L’Australie espère un repli de sa devise. La Reserve Bank of Australia (RBA) a maintenu hier pour le treizième mois d’affilée son taux directeur à un plancher de 2,5%, comme l’attendait le consensus des économistes. Mais son gouverneur, Glenn Stevens, a durci le ton sur le degré de surévaluation du dollar australien. Le taux de change «reste au-dessus de la majorité des estimations de sa valeur fondamentale, étant donné, en particulier, le déclin des prix des principales matières premières», a indiqué le banquier central. Cette situation «nous aide moins que ce nous pourrions prévoir afin d'atteindre une croissance équilibrée de l’économie».

Le dollar australien affiche cette année la meilleure performance des devises du G10, quand bien même les prix du minerai de fer, la principale exportation du pays, ont reculé de 8% sur le mois d’août et de 35% sur 2014. La décorrélation des deux courbes est frappante depuis janvier.

La hausse du dollar australien, qui atteint 4,5% face au billet vert cette année à 0,93, est notamment due aux positions spéculatives. Celles-ci se sont accrues de 5.400 contrats en net sur la semaine du 19 au 26 août pour atteindre près de 41.000 contrats futures, selon les statistiques de la CFTC américaine. Un niveau de positions longues touché pour la dernière fois début 2013, lorsque la devise s’échangeait alors à plus de 1 dollar américain. «Les investisseurs financiers (ndlr: hedge funds) ont été largement acheteurs de dollars australiens depuis début juillet, alors que les investisseurs ‘real money’, eux, sont vendeurs depuis la fin du printemps. L’activité des seconds suit souvent celle des premiers, et il y a donc un risque de nouvelle hausse», estime Todd Elmer, stratégiste change chez Citigroup.

Ce mouvement pourrait plutôt toucher les autres cours croisés, comme l’euro et le dollar néo-zélandais. Face au billet vert, les fondamentaux jouent en effet contre l’aussie. La perspective d’une Fed moins accommodante réduit l’écart des taux courts entre les Etats-Unis et l’Australie. «Un nouveau rétrécissement me laisse penser que le dollar australien a un potentiel de baisse de 10% face au dollar américain dans les prochains mois», note Kit Juckes, stratégiste chez SG CIB.

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