Paris peine à hâter le virage de la politique économique européenne

le 01/09/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le gouvernement devra négocier un assouplissement de ses objectifs budgétaires avant que l’Union établisse un constat précis de la situation économique

A défaut d’un plan précis pour relancer la demande en Europe, François Hollande a obtenu une date. En marge d’un conseil européen dominé par la crise ukrainienne et l’élection du polonais Donald Tusk à la tête du Conseil européen, Matteo Renzi a annoncé samedi la tenue d’un sommet extraordinaire sur l’emploi le 7 octobre. L’idée de cette réunion, lancée la semaine dernière par un président français en pleine tourmente, a « pris de court » le Premier ministre italien, expliquait une source européenne.

Mais l’ambition d’en faire un moment fort de la réorientation de la politique économique européenne a fait long feu. « Ce sera un sommet sur l’emploi des jeunes », indiquait un conseiller de la chancelière allemande après la rencontre. Devant le Parlement européen, Jean-Claude Juncker avait évoqué en juillet un plan de relance de 300 milliards d’euros sur trois ans dont les contours restent flous. « Les propositions de la nouvelle Commission pourraient être présentées au conseil européen de novembre », a indiqué prudemment le président français. D’ici là Paris a obtenu la réunion d’un sommet de la zone euro en marge du Conseil des 23 et 24 octobre.

Cet agenda étiré s’explique par le calendrier d’installation de la nouvelle Commission qui ne sera en place que le 1er novembre : autour du 10 septembre son président Jean-Claude Juncker devrait présenter son équipe, laquelle devra ensuite être confirmée par le Parlement européen. Il dénote aussi des désaccords sur l’ampleur du virage à imprimer à la politique économique européenne. Les chefs d’Etat et de gouvernement se sont contentés samedi d’admettre que « la situation économique et de l’emploi en Europe soulève d’importantes inquiétudes ». Un constat qui reste très en deçà de celui dressé cet été par le président de la BCE Mario Draghi à Jackson Hole. Le président français, qui a martelé samedi qu’« il y a bien un problème européen que l’on pourrait qualifier par une demande insuffisante », reste donc isolé.

Pour Paris, la priorité dans les semaines à venir sera de plaider sa propre cause devant la Commission européenne. « Nous demandons que les flexibilités puissent être maximales pour l’application des règles de réduction des déficits », a indiqué François Hollande. Bercy entrera dès septembre dans une négociation délicate avec la Commission pour obtenir un nouveau délai lui permettant de repousser au-delà de 2015 le retour sous les 3%.

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