Le Brésil tente de ranimer son économie engluée dans la stagflation

le 22/08/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque centrale a pris de nouvelles mesures pour relancer l'offre de crédit. Des mesures qui pourraient buter sur le niveau élevé des taux

Le Brésil remet de l’huile dans les rouages. Les perspectives économiques atones au sein de la première économie sud-américaine ont contraint les autorités du pays à lancer un nouveau plan de relance du crédit. Après avoir injecté 45 milliards de réaux (15 milliards d’euros) il y a seulement trois semaines dans le secteur bancaire en assouplissant les règles de dépôts obligatoires ainsi que le calcul des risques de certains prêts, la banque centrale (BCB) a décidé mercredi de réduire ses exigences en termes de capitaux propres à hauteur de 15 milliards de réaux. Une mesure qui pourrait entraîner une hausse des prêts de quelque 140 milliards, selon les estimations de la banque centrale, et qui s’accompagne d’incitations à rediriger 10 milliards de réaux supplémentaires vers l’octroi de nouveaux crédits.

«Nous espérons que ces mesures améliorent l’accès des PME au crédit et renforcent les échanges internationaux», a indiqué la BCB. Pourtant, avec un taux directeur Selic maintenu à un niveau élevé de 11% pour calmer les tensions inflationnistes, les économistes sont dubitatifs quant à la capacité des banques à attirer une demande supplémentaire de crédit. A mi-août, l’inflation a ainsi atteint 6,49%, juste en deçà du haut de la fourchette fixé par la BCB de 6,5%. Malgré des taux réels d’environ 450 points de base, les plus élevés au monde, le réal s’est apprécié de seulement 3% contre dollar depuis avril à 2,256, un niveau encore inférieur de 8% à celui atteint en février dernier. Et ceci malgré le fait que la BCB continue d’intervenir sur le marché des changes, à hauteur d’un milliard de dollars la semaine dernière.

Pourtant, l’économie brésilienne est engluée dans la stagflation et fait face à une incertitude politique quant à la réélection de Dilma Rousseff à la tête du pays. Sur le deuxième trimestre, le PIB s’est contracté de 1,2% sur un an, et devrait atteindre 0,2% d’un trimestre sur l’autre, selon Barclays. Le consensus table sur une croissance anémique de 1% et de 1,5% en 2015. Pourtant, «l’environnement global favorable aux opérations de portage a permis au réal et à la courbe des taux de rester à peu près stables malgré la détérioration des fondamentaux économiques. Mais lorsque cet environnement se retournera (certainement suite à la remontée des taux américains), l’impact sur les marchés brésiliens devrait être significatif», alerte SG CIB.

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