Le FMI est sceptique sur les mesures macroprudentielles contre la surchauffe immobilière

le 30/07/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Il invite les autorités britanniques à surveiller de très près les mesures adoptées en juin. Une hausse des taux pourrait être nécessaire

Les taux britanniques pourraient devoir être relevés pour prévenir une surchauffe du secteur immobilier, selon le Fonds monétaire international (FMI). Dans son rapport sur l’économie de la Grande-Bretagne tout juste publié, l’institution se montre assez dubitative sur l’efficacité des mesures dites macroprudentielles alors que la BoE vient d’en adopter.

«II existe une incertitude significative autour de l’efficacité et des retards liés aux mesures macroprudentielles», assure le Fonds. Les prix des maisons ont augmenté de près de 10% sur un an en Grande-Bretagne et de 19% à Londres, selon les données de l’Office des statistiques nationales d’avril. Pour prévenir la surchauffe immobilière, le Comité de politique financière (FPC) de la Banque d’Angleterre a adopté en juin des mesures macroprudentielles. A partir du 1er octobre, les banques devront s’assurer que les emprunteurs à taux variables sont capables de faire face à une hausse de taux de 3%. Par ailleurs, les prêts supérieurs à 4,5 fois le revenu de l’emprunteur ne pourront pas représenter plus de 15% de la production nouvelle, ni bénéficier du programme «Help to Buy».

Le FMI souligne que la «limite de 15% n’est pas contraignante aujourd’hui pour la plupart des prêteurs». Les autorités devront donc «surveiller attentivement» l’efficacité du dispositif dans les prochains mois. S’il ne répondait pas aux attentes, le FMI suggère d’abaisser le plafond de 15%, d’inclure plus de prêts qu’aujourd’hui dans son calcul, de plafonner les capacités d’endettement des ménages (en agissant sur le ratio loan-to-value) ou encore d’augmenter les exigences en capital des prêteurs exposés à l’immobilier.

Si ces mesures macroprudentielles étaient inefficaces, l’opportunité de relever les taux devrait être évaluée, selon le Fonds. Selon lui, même s’il n’y a pas de bulle caractérisée sur le marché, «la croissance continue des prêts hypothécaires avec un endettement important par rapport aux revenus, implique que les foyers sont en train de devenir progressivement plus vulnérables à des baisses de revenus et des chocs sur les taux d’intérêts».

«Si la banque remonte son taux à 2%, le revenu disponible des ménages baisserait de 10% une fois pris en compte les coûts de leur crédit hypothécaire. Cela pourrait pousser les ménages à réduire leurs dépenses et pourrait toucher les distributeurs britanniques», prévient la recherche de RBS.

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