L'euro confirme sa décrue face au dollar

le 29/07/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Crise ukrainienne et croissance en berne maintiennent la monnaie unique sous 1,35 dollar

L’euro, qui traitait encore à 1,37 dollar le 1er juillet, est passé sous la barrière psychologique des 1,35.

Vladimir Poutine prête main forte à Mario Draghi. Le regain de tension géopolitique lié à la crise en Ukraine est allé de pair ce mois-ci avec un recul de l’euro à des niveaux qu’il n’avait plus connus depuis fin 2013. La monnaie unique, qui traitait encore à 1,37 dollar le 1er  juillet, est passée depuis plus d’une semaine sous la barrière psychologique des 1,35 et s’échangeait hier à 1,344. Un mouvement qui devrait se poursuivre compte tenu de l’environnement macroéconomique, selon les analystes.

«Le mouvement baissier de l’euro-dollar ces dernières semaines, un développement important en soi, a relancé l’idée que des facteurs fondamentaux plus traditionnels commencent à exercer davantage d’influence sur les variations de la paire de devises, indique Robert Lynch, stratégiste chez HSBC. Nous faisons référence avant tout aux anticipations relatives à la croissance, à l’inflation et aux politiques des banques centrales entre la zone euro et les Etats-Unis».

Même si la Banque centrale européenne a dévoilé début juin un nouveau train de mesures pour lutter contre la déflation, ces facteurs plaidaient déjà il y a plusieurs mois pour un assouplissement de l’euro. La nouveauté est venue ces dernières semaines de la publication d’indicateurs de croissance en berne en zone euro, montrant que l’embryon de reprise de la fin 2013 et du début 2014 s’essouffle déjà. La première estimation flash de l’inflation en zone euro est attendue jeudi à 0,5% par le consensus, toujours loin de l’objectif de la BCE. Publié mercredi, le PIB américain du deuxième trimestre devrait ressortir par contraste en croissance de 3%, un rebond logique après la contraction surprise du premier trimestre.

Les risques baissiers à la croissance en zone euro qui seraient liés à la crise ukrainienne commencent aussi à apparaître sur le radar des investisseurs. Ils sont pour l’heure très difficiles à quantifier, les Vingt-Huit n’ayant pas encore adopté toutes les sanctions en discussion à l’encontre de Moscou après le crash de l’avion de ligne de Malaysia Airlines. Mais «ces craintes sont en train de filtrer de manière compréhensible sur les marchés, et certains pourraient les utiliser pour justifier leur vision baissière sur l’euro», note Robert Lynch.

Les paris à la baisse, d’ailleurs, s’accentuent. Lors de la semaine achevée au 22 juillet, les investisseurs ont accru leurs positions vendeuses sur la monnaie unique, selon les statistiques de la CFTC américaines publiées vendredi. «Les positions short sont encore modérées, ce qui laisse de la place pour une poursuite de la dépréciation de l’euro», précisent les analystes de BNP Paribas.

Celle-ci est en tout cas attendue de pied ferme par les stratégistes actions. «C’est un développement bienvenu, car il diminue les pressions désinflationnistes, soulignent Patrick Legland et Daniel Fermon, à la Société Générale. Si la dépréciation de l’euro se poursuit, elle représentera une opportunité claire d’achat sur les actions de la zone».

Un constat partagé par les analystes de Bank of America. «Détenir des actions qui se comportent bien quand l’euro s’affaiblit fait partie de nos thèmes majeurs pour le troisième trimestre», écrivaient-ils hier dans une note, en citant les secteurs exportateurs de la pharmacie, de l’agroalimentaire et des biens de consommation.

L’euro, qui traitait encore à 1,37 dollar le 1er juillet, est passé sous la barrière psychologique des 1,35.
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L’euro, qui traitait encore à 1,37 dollar le 1er juillet, est passé sous la barrière psychologique des 1,35.

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