Une alternative à l'Euribor devrait voir le jour l'année prochaine

le 28/07/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Elle refléterait les coûts de financements non sécurisés à court et moyen terme et s'appuierait notamment sur les émissions de papier commercial

Une alternative à l’Euribor, basée sur des transactions réelles et censée servir de référence à des produits dérivés, devrait être lancée dès l’année prochaine. C’est l’objectif de l’organisation bancaire Euro Money Markets Institute (Emmi, ex Euribor-EBF) qui, comme les autres fournisseurs de taux interbancaires, est sous la pression des régulateurs pour que ces taux soient le plus possible à l’abri des soupçons de manipulation.

Après avoir mené avec la Banque centrale européenne (BCE) deux exercices de recueil de données de marché, «nous avons déjà une alternative prête avec une méthodologie», explique à L'Agefi Guido Ravoet, secrétaire général d’Emmi. «La définition reflétera le total des coûts de financements à court terme et moyen terme non sécurisés», ajoute-t-il. Le futur taux devrait être construit à partir de données sur les transactions de crédits interbancaires, les émissions de papier commercial, les dépôts des grandes entreprises et les opérations des fonds monétaires.

Alors que plusieurs banques ont été condamnées dans des affaires de manipulation de taux interbancaires, le Conseil de stabilité financière (FSB), qui regroupe au niveau mondial régulateurs et administrations financières, a invité à l’adoption de taux le plus sécurisés possibles d’ici à 2016. Ils seraient notamment plus adaptés pour servir de référence à des produits dérivés.

Emmi compte lancer au mois d’octobre une consultation sur sa nouvelle référence auprès des gestionnaires d’actifs et des acteurs du marché des dérivés et du crédit hypothécaire. L’adoption d’un nouveau taux promet d’être délicate alors que jusqu’à 180.000 milliards de dollars de produits seraient indexés sur l’Euribor, selon le FSB. «Il faut donner des garanties aux parties contractantes des dérivés mais aussi aux emprunteurs sur le fait que le contrat dérivé pourra continuer si on change de référence», explique Guido Ravoet.

«Tout le monde est d’accord pour dire que l’Euribor actuel est absolument nécessaire»¸ insiste le banquier. Emmi, qui a déjà largement réformé la façon dont est élaboré l’Euribor, doit encore convaincre les régulateurs internationaux réunis au sein d’Iosco. Ceux-ci lui ont demandé de l’étayer au maximum grâce à des données de marché, même si c’est difficile pour un taux basé sur des contributions. Emmi réfléchit à demander aux 26 banques contributrices de se référer le plus possible aux mêmes paramètres pour justifier leurs contributions.

A lire aussi