Les craintes sur le Portugal font trébucher la Grèce

le 11/07/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les inquiétudes autour de BES ont perturbé l'émission à 3 ans d'Athènes et fait corriger les marchés

Les craintes sur le Portugal font trébucher la Grèce

La Grèce a confirmé son retour progressif sur les marchés mais n’a pas réussi à lever autant d’argent qu’attendu auprès des investisseurs. En cause, la tension des rendements des pays périphériques dans le sillage d’inquiétudes sur la santé financière de la banque portugaise Banco Espirito Santo, qui ont entraîné une correction générale des marchés . La Grèce a réussi à lever 1,5 milliard d’euros à 3 ans à un rendement de 3,5%. Elle avait envisagé de collecter jusqu’à 3 milliards d’euros selon un représentant du gouvernement.

Il semble loin le succès de la première émission à 5 ans depuis quatre ans réalisée par la Grèce en avril. Le pays avait reçu 20 milliards d’euros de marques d’intérêt et avait levé 3 milliards d’euros à 4,95%. L’opération a 3 ans d’hier a été réalisée en dépit de «conditions très peu favorables sur les marchés internationaux et notamment ceux de la périphérie aujourd’hui et hier», a souligné pour sa défense le ministère des finances grec.

Hier, le rendement des obligations à 5 ans de la Grèce se tendait de 12 points de base à 4,32%. Sur une semaine, la hausse est de 25 points de base. Les tensions sont encore plus marquées sur les titres portugais. Jeudi, le taux des obligations à 5 ans s'est écarté de 15 pb, à 2,56%, portant à 32 pb la hausse sur la semaine passée, et celui à 10 ans de 25 pb. Les taux 5 ans des obligations italiennes et espagnoles se sont dans le même temps tendus d’une dizaine de points, à respectivement 1,43 et 1,40%.

Ces turbulences traduisent les inquiétudes des créanciers et investisseurs alors que la société actionnaire de Banco Espirito Santo, Espirito Santo International, n’a pas remboursé à temps certains titres de dette à court terme. La banque centrale portugaise a assuré que le second prêteur du pays était à l’abri des difficultés financières de son actionnaire.

Le cours de BES a cependant dû être suspendu hier alors qu’il perdait plus de 17%.Toutes les valeurs de l’indice portugais PSI 20 ont fini dans le rouge. La Bourse espagnole était aussi mise à mal et notamment les valeurs bancaires. Ces conditions difficiles ont poussé Banco Popular à reporter une émission d’obligations de capital contingent de 750 millions d’euros.

En dépit de ces tensions les investisseurs ont «une fois de plus exprimé leur confiance dans l’économie grecque», a affirmé hier le ministère des finances grec. Il souligne que l’opération s’inscrit dans le projet de «construire une courbe de taux complète».

Selon la recherche de RBS une nouvelle émission du pays à 7 ans est attendue à l’automne. D’après les analystes, les fonds levés hier offriront à la Grèce l’opportunité de faire face à une partie de ses tombées obligataires au mois d’août (5,6 milliards d’euros). Surtout, continuer à émettre sur le marché «permet à la Grèce d’être dans une meilleure position de négociation avant les discussions sur un troisième plan de sauvetage ou un allègement de la dette», assure RBS.

En juin, le Fonds monétaire international a salué l’effort budgétaire réalisé par la Grèce, qui affichait un excédent primaire de 0,8% du PIB à la fin de 2013. Même si le fonds attend un retour de la croissance cette année, il estime que les besoins de financement du pays non couverts par ses ressources pourraient être de 12,5 milliards d’euros en 2015.

A lire aussi