La Fed souligne le rebond de l'économie américaine

le 19/06/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La phase de «tapering» se poursuit. Les prévisions laissent échapper une tonalité un peu plus stricte

Janet Yellen, la présidente de la Fed. Photo Bloomberg.

Après un début d’année difficile, l’économie américaine a repris des couleurs mais reste fragile. C’est le constat dressé par le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) à l’issue de deux jours de débats. «L’activité a rebondi au cours du trimestre en cours et continuera à croître à un rythme modéré par la suite», a déclaré Janet Yellen, la présidente de la Fed, lors d’une conférence de presse. Pour la cinquième fois consécutive, le FOMC a décidé de réduire son programme d’achats obligataires, le ramenant à 35 milliards de dollars par mois contre 45 milliards précédemment.

Alors que l’inflation se rapproche davantage de l’objectif de la Fed (avec un indice PCE à 1,6% sur un an en avril) et que le taux de chômage cède du terrain (à 6,3% en mai), même si Janet Yellen a estimé qu’une «sous-utilisation sur le marché du travail reste importante au regard d’un examen plus approfondi des indicateurs», les responsables de politique monétaire ont poursuivi leur débat sur la stratégie de sortie. 

Le FOMC a répété qu’il devrait «réduire le rythme des achats d’actifs par étapes supplémentaires mesurées» et qu’il s’attendait à ce que les taux restent bas pendant une «longue période» après l’achèvement du programme d’assouplissement quantitatif, attendu pour la fin de l’année. Alors qu’elle avait évoqué une période possible de 6 mois en mars, Janet Yellen a rétropédalé lors de sa conférence de presse. Il n’y a pas de «formule mécanique pour expliquer ce que veut dire une longue période», a-t-elle prévenu. 

«Les anticipations du Comité pour l'évolution de l'objectif des Fed funds dépendent des perspectives économiques», a rappelé Janet Yellen. «Si l'économie se révèle plus dynamique qu'anticipé par le Comité, résultant en une convergence plus rapide de l'emploi et de l'inflation vers les objectifs du FOMC, alors les hausses de l'objectif de taux des Fed funds surviendront sans doute plus tôt et plus rapidement qu'on ne l'envisage actuellement», a-t-elle exposé. «A l'inverse, si la performance économique déçoit, débouchant sur des divergences plus importantes et plus durables par rapport aux objectifs du Comité, alors les hausses de l'objectif de taux des Fed funds surviendront sans doute plus tard et seront plus progressives».

Dans tous les cas, elle a assuré que le FOMC disposait des outils nécessaires pour relever les taux d’intérêt à court terme  le moment venu. Ils sont douze membres du FOMC à tabler sur une première hausse en 2015, contre 1 en 2014 et 3 en 2016. Mettant à jour leurs prévisions économiques, les responsables de la Fed prévoient un objectif moyen de taux des Fed funds à 1,25% pour 2015 (contre 1% en avril) et à 2,5% pour 2016 (contre 2,25% précédemment). De quoi donner une tonalité un peu plus stricte à leur communication. 

Natixis rappelle toutefois que le nouveau gouverneur Lael Brainard, réputée pour être plutôt colombe, n’a pas soumis ses prévisions pour cette réunion, étant donné qu’elle n’a prêté serment que lundi. Les membres du FOMC ont en outre abaissé leur taux estimé à long terme de 4% à 3,75%, reflétant une croissance de l’économie américaine plus lente à horizon similaire. Les participants estiment ce taux de croissance entre 2,1% et 2,3%, contre une fourchette de 2,2% à 2,3% en mars.

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