La Banque d'Angleterre regarde monter le risque immobilier

le 05/05/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Des mesures macroprudentielles pourraient être adoptées dès juin pour freiner la récente flambée des prix de l'immobilier outre-Manche

Cette fois, les autorités britanniques semblent décidées à ne pas commettre les mêmes erreurs qu’avant 2007. La flambée des prix immobiliers outre-Manche, qui dépasse désormais le cas particulier de Londres, préoccupe la Banque d’Angleterre. «Il serait dangereux d’ignorer la tendance qui a pris forme dans le marché immobilier depuis le printemps dernier», a averti le 1er mai Jon Cunliffe, le gouverneur adjoint de la BoE qui chapeaute le département de stabilité financière.

Le Financial Policy Committee (FPC) de la banque centrale, chargé de ces questions, tiendra sa prochaine réunion en juin. Il pourrait décider de mesures macro-prudentielles pour freiner la production de crédits hypothécaires par les banques, après, déjà, la restriction cette année du programme de soutien Funding for Lending. Jon Cunliffe a évoqué comme options possibles un resserrement des critères d’octroi comme «le taux d’effort, le ratio de prêt sur revenus et sur la valeur du bien», ou les exigences en capital pesant sur cette activité chez les banques et les prêteurs spécialisés (building societies). Mais le FPC reste libre d’agir ou pas, «en fonction de la nature des risques posés à la stabilité».

Les prix de l’immobilier britannique ont crû de 10,9% sur un an en avril, selon Nationwide, la plus forte accélération depuis 2007. Ils se situent désormais à 20% au-dessus du point haut atteint avant le début de la crise. «La hausse récente des prix et des transactions semble avoir nourri des anticipations croissantes d’une nouvelle accélération du marché», s’alarme Jon Cunliffe.

La BoE, qui a maintenu les taux bas grâce à son programme d’achats d’actifs, ne pourra attendre trop longtemps. «Plus les taux restent bas, plus les consommateurs empruntent, y compris la fraction la plus risquée qui finance par dette 95% de la valeur du bien (et l’année passée, le nombre de banques offrant ce type de prêts est passé de 28 à 36), estime Alberto Gallo, stratégiste chez RBS. Autrement dit, plus les taux restent bas, plus la dette des ménages devient risquée et plus la BoE aura du mal à remonter ses taux».

Alors que les pays scandinaves ont déjà durci les besoins en capital des prêteurs immobiliers, «l’approche macroprudentielle de la BoE apparaît encore dangereusement imprudente», note l’expert.

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