Le resserrement des spreads européens se poursuit

le 22/04/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le taux grec à 10 ans est passé sous les 6%, et les taux espagnols et italiens s'approchent des 3%

Le rendement de l’OAT française à 10 ans est repassé sous 2% pour la première fois depuis mai 2013. Illustration L’Agefi.

Si les propos de plusieurs membres de la BCE pour voir l’autorité monétaire européenne mettre en place un programme de rachats d’actifs n’ont pas entrainé une détente sur la parité de l’euro qui reste au-dessus de 1,38 contre dollar, ils ont néanmoins continué de profiter aux rendements. Celui de l’OAT française à 10 ans est ainsi repassé sous le seuil des 2% pour la première fois depuis mai 2013. Le spread avec le Bund allemand à 10 ans s’est ainsi resserré de 15 points de base depuis le début de l’année pour tomber à 47 pb.

Si la France martèle vouloir respecter ses objectifs budgétaires, l’écart entre un déficit courant français supérieur à 1% de son PIB et le nouveau record de 7,9% que devrait atteindre l’excédent courant allemand cette année paraît inquiétant, selon SG CIB qui estime néanmoins qu’avec un Bund à 1,5%, «les investisseurs privés devraient s’en tenir aux stratégies de compression des spreads, et ce d’autant plus que la BCE renforce sa position accommodante».

Le mouvement le plus violent provient des pays ayant sollicité l’aide internationale, avec un taux grec à 10 ans qui est passé sous les 6%, à 5,78%, un niveau que le pays n’avait pas connu depuis janvier 2010. Il chute de 211 pb depuis le début de l’année. Le taux portugais a quant à lui enregistré une détente de 206 pb sur 2014 pour revenir à 3,71%, au plus bas depuis 2006. Sur la partie 3 ans, le spread par rapport aux titres italiens s’est ainsi resserré de 250 pb en six mois.

Après un retour réussi sur les marchés primaires de Piraeus Bank et de l’Etat grec, c’est National Bank of Greece qui va lancer une émission de dette senior non sécurisée de 750 millions d’euros, sa première depuis cinq ans. Les titres émis par la banque, qui a dégagé un résultat net de 809 millions d’euros en 2013 après une perte de 2,1 milliards en 2012, ont une maturité de 5 ans et offriront un rendement d’environ 4,5%.

Parallèlement, le Portugal, qui recevra sa dernière tranche d’aide de la part du FMI de 851 millions d’euros, devrait émettre demain 3 milliards de nouvelles obligations à 5 ans, mais surtout rouvrir une ligne d’obligations février 2024 portant coupon de 5,65% pour un montant visé de 750 millions. Il s’agit de sa première émission à 10 ans depuis avril 2011. Le pays a déjà profité de la forte demande pour les titres périphériques pour émettre 6,25 milliards depuis le début de l’année.

Le pays doit sortir entièrement de son programme d’aide international après une ultime revue de son budget 2015 par le FMI en juin. Le premier ministre a réaffirmé la semaine dernière son intention de ramener le déficit public à 2,5% du PIB l’année prochaine grâce à un effort d’économies supplémentaires de 1,4 milliard d’euros.

A 3,06% et 3,1%, le rendement des obligations espagnoles et italiennes à 10 ans ne sont plus qu'à quelques points de base du seuil des 3%. Un niveau jamais franchi en Italie, et dépassé un seul jour en Espagne en septembre 2005. Le spread entre taux espagnol et allemand est en outre revenu sur ses niveaux de l’été 2010, à 160 pb.

Jeudi, Madrid doit adjuger une série d’obligations de maturité à 3 ans, 5 ans et 10 ans, alors que Rome prévoit d’émettre des titres zéro coupon ainsi que de nouvelles obligations indexées sur l’inflation, après le succès de la «jumbo-émission» réalisée la semaine dernière ayant suscité une demande exceptionnelle de 20,6 milliards d’euros.

Le rendement de l’OAT française à 10 ans est repassé sous 2% pour la première fois depuis mai 2013. Illustration L’Agefi.
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Le rendement de l’OAT française à 10 ans est repassé sous 2% pour la première fois depuis mai 2013. Illustration L’Agefi.

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