Deutsche Bank perd du terrain dans les ETF en Europe

le 07/01/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le français Lyxor conteste pour sa part la décollecte que lui attribue, pour l'année 2013, BlackRock, la maison mère de son concurrent iShares

Illustration: PHB

Les encours de leurs fonds indiciels continuent d’augmenter, mais leur emprise s’érode. Dans le secteur florissant des ETP (produit indiciels cotés, dont les ETF), Deutsche Asset & Wealth Management (DeAWM), et Lyxor, filiale de la Société Générale, ont perdu l’an dernier 0,3 et 0,9 point de part de marché en Europe, selon le bilan 2013 publié hier par BlackRock. Les deux sociétés de gestion concentrent seulement 13,4% et 10,6% des encours de la région, soit 56,5 et 44,5 milliards de dollars (41,4 et 32,6 milliards d’euros) d’actifs à fin décembre.

Face à elles, le géant américain iShares, filiale de BlackRock, pèse désormais près de la moitié du secteur en Europe, avec 200 milliards de dollars d'actifs et 47,6 % de parts de marché. Soit un gain de 9,6 points en un an, grâce en partie au rachat de l’activité ETF de Credit Suisse qui représentait 4,8 % du marché européen fin 2012.

DeAWM, le gestionnaire de Deutsche Bank, affiche la plus forte décollecte du Top 10 en Europe avec 5,3 milliards de dollars de sorties nettes l’an dernier, selon BlackRock. Le gestionnaire a notamment subi 7,7 milliards de retraits sur db x-trackers DAX. Cet ETF exposé au marché actions allemand a fait l’objet de prises de bénéfices, a assuré hier la banque allemande au Financial Times.

Lyxor enregistrerait de son côté 800 millions de dollars de sorties nettes sur l’exercice d’après BlackRock, malgré des flux nets de 500 millions en décembre. Des chiffres contestés par le groupe français qui estime plutôt sa collecte nette à 650 millions de dollars l’an dernier: après 599 millions de flux positifs à fin novembre, selon le cabinet ETFGI, 51 millions supplémentaires ont été engrangés le mois dernier, indique un porte-parole de Lyxor.

Face à la concurrence, le français et l’allemand comptent visiblement sur les ETF à réplication physique pour rebondir. Nés dans le giron de banques d’investissement, ils sont tous deux spécialistes de la réplication synthétique (via des contrats de swaps) qui ont fait l’objet ces dernières années d’un intense débat orchestré par iShares, pourfendeur de ce type de gestion.

Lyxor a ainsi lancé ses premiers fonds physiques en septembre 2012. De son côté, DeAWM va donner un coup d’accélérateur à ces produits en convertissant ce trimestre 18 ETF actions. Ils devraient faire passer ses encours «physiques» de 700 millions à 9,5 milliards d’euros.

A lire aussi