L'Italie profite de la baisse du risque politique pour lisser ses échéances

le 19/11/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Trésor transalpin a procédé hier à un échange de dette de 3,3 milliards d’euros, qui a rassemblé une demande nettement plus forte qu'attendu

Les obligations italiennes retrouvent des couleurs. Le Trésor transalpin a procédé hier à un échange de dette d’un montant nominal de quelque 3,3 milliards d’euros, destiné à lisser ses échéances sur les prochaines années. Dans le détail, l'Italie a racheté quatre lignes d’obligations d’échéance 2015 et une ligne d’échéance 2017. En contrepartie, les investisseurs ont reçu des titres arrivant à maturité en décembre 2018. Une opération qui offre un potentiel de rémunération supplémentaire de 174 et 160 points de base (pb) respectivement, selon ING.

Ces conditions ont notamment permis d'attirer une demande deux fois supérieure à celle constatée sur les sept dernières opérations de ce genre, dont le montant moyen était de 1,6 milliard, avec un minimum de 740 millions et un maximum de 2,7 milliards, selon ING. «Nous avons constaté une bonne performance des obligations à 5 ans en Italie, ce qui est plutôt positif. Le Trésor italien a ainsi démontré qu’il possède un large choix d’outils à sa disposition», ajoute Michael Leister, stratégiste chez Commerzbank.

Rome, qui a presque achevé son programme de financement pour 2013, anticipe un coût moyen d’emprunt sur l'année de 2,08% et prévoit des émissions régulières d’obligations de maturité 7 ans en 2014. Et d’ajouter que les investisseurs américains sont les premiers acheteurs d’obligations italiennes, devant l’Union européenne et le Royaume-Uni.

L'Italie profite ainsi d'une baisse du risque politique dans le pays notamment après la décision d’Angelino Alfano, numéro deux du gouvernement d’Enrico Letta, de refuser d’adhérer au nouveau mouvement «Forza Italia» constitué par Silvio Berlusconi et de créer un nouveau groupe parlementaire soutenant la coalition. Ce dernier rassemble ainsi 30 sénateurs et 27 députés sous le label du mouvement des «rénovateurs» du centre-droit, et abrite les cinq ministres berlusconiens en exercice.

Dans ce contexte, le rendement des obligations italiennes à 10 ans se détendait de 6 pb hier, à 4,09%. Un niveau très proche du point bas de 4,04% enregistré le 7 novembre dernier. Parallèlement, le taux espagnol à 10 ans se tendait légèrement de 2 pb à 4,08%. Le rendement du Bund allemand est à 1,71%, après être tombé à 1,65% à la fin du mois dernier, alors que l’OAT française à 10 ans restait stable à 2,20%.

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