La France place son budget sous le signe de la réduction des dépenses

le 26/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Une grande part de l’effort correspond seulement à une moindre progression des dépenses. Le taux des dépenses publiques sera de 56,7% en 2014

Le ministère des Finances vu depuis la BnF. Photo: PHB

Le gouvernement veut mettre l’accent sur la réduction des dépenses, plutôt que l’augmentation des impôts dans son budget 2014, présenté hier. Comme il l’avait annoncé, il prévoit un effort budgétaire de quelque 18 milliards d’euros l’année prochaine pour ramener le déficit de 4,1% cette année à 3,6%. Le PLF est échafaudé sur une prévision de croissance de 0,9% pour 2014. Un scénario jugé «plausible» par le Haut conseil des finances publiques, qui pointe par ailleurs les «risques de surestimation des recettes et la fragilité des hypothèses en matière de dépenses».

Le gouvernement martèle que 80% de l’effort réalisé en 2014 reposera sur des économies. Sur un total de 15 milliards, 6 milliards proviendront de la sphère sociale (dépenses d’assurance-maladie, réforme des retraites, prestations familiales). Le PLF 2014, proprement dit prévoit un 9 milliards d’euros d’économies pour l’Etat. Comme les dépenses de ce dernier augmentent spontanément chaque année, les dépenses hors charge de la dette et des pensions baisseront, en réalité, de 1,5 milliard d’euros seulement.

Les 9 milliards d’euros d’effort devraient être obtenus par une baisse des dépenses de fonctionnement (2,6 milliards d’euros) et notamment une réduction de la masse salariale (stabilité du point de la fonction publique, coupes dans les effectifs). Comme prévu, l’Etat va aussi réduire ses dotations aux collectivités territoriales, opérateurs et agences à hauteur de 3,3 milliards d’euros. Il réduira par ailleurs certaines dépenses d’investissement et d’intervention (arrêt de grands chantiers) pour 2,6 milliards. Le taux de dépenses publiques sera de 56,7% en 2014 (contre 57,1% l’année dernière).

Les nouvelles recettes sont censée atteindre leur côté 3,3 milliards d’euros (avec notamment, la taxe sur les très hautes rémunérations). L’exécutif affirme que l’imposition des entreprises sera stabilisée entre 2013 et 2014, hors impact du Crédit d’impôt compétitivité et emploi. Il espère obtenir quelque 2 milliards de la lutte contre la fraude fiscale. Le taux de prélèvements obligatoires devrait passer de 46,1% en 2014 (contre 46% en 2013).

Compte tenu de l’ensemble de mesures annoncées, la recherche de Natixis a révisé ses prévisions de croissance à 0,6%. Celle de Barclays est plus optimiste (1,1%). Elle salue l’effort sur la dépense mais appelle à des réformes plus profondes sur la structure de celles-ci.

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