La plate-forme de dette d'entreprise de Nyse Euronext reste à quai

le 25/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Des ordres ont beau être envoyés quotidiennement sur Nyse BondMatch, ils sont très loin d'être tous exécutés

La plate-forme de Nyse Euronext dédiée à la dette d’entreprise, Nyse BondMatch, peine à décoller, plus de deux ans après son lancement. Peu d’ordres sont exécutés et un certain nombre d’utilisateurs ne sont pas au rendez-vous. Les porteurs du projet, censé apporter plus de transparence et de liquidité sur ce marché secondaire traditionnellement de gré à gré, ne veulent pas baisser les bras et se disent prêts à apporter certains ajustements.

Nyse Euronext affirme que, depuis cet été, des ordres de 1 à 2 millions d’euros sont passés quotidiennement sur la plate-forme mais reconnaît qu’ils ne sont pas tous exécutés et ne communique pas de chiffres à ce sujet. «Nous avons des ordres qui viennent des investisseurs finaux français et étrangers. Maintenant, ce qui manque, ce sont des exécutions et la participation des banques et sociétés de gestion», explique Christophe Roupie, responsable mondial du trading chez Axa IM et président du comité stratégique de BondMatch. Beaucoup de défenseurs du projet reprochent aux banques de préférer des modèles moins transparents, car ne reposant pas sur un carnet d’ordres centralisé, mais plus rémunérateurs. «Aujourd’hui j’ai des discussions avec des banques qui sont très encourageantes», affirme cependant Christophe Roupie. «On est encore dans une phase de post-lancement», relativise Nathalie Masset, directrice de marchés obligataires européens chez Nyse Euronext. Et d’expliquer que l’été a été consacré à des discussions approfondies avec certains parmi la trentaine de membres et utilisateurs du marché. «On est en train de finaliser nos discussions pour mettre sur le papier les axes d’amélioration», déclare-t-elle.

«Le projet est très en ligne avec le climat actuel des affaires, c'est-à-dire que nous avons tous envie de le faire mais tous les acteurs sont confrontés à des moyens budgétaires limités», déplore Vincent Cornet, patron de la gestion de la Banque Postale AM. Au printemps dernier, il avait été chargé par Paris Europlace de mener des travaux avec des sociétés de gestion, investisseurs et courtiers pour favoriser le développement des plates-formes obligataires nées avec les réflexions du Comité Cassiopée. «On avance très lentement pour l’instant», reconnaît-t-il. A ses yeux, le projet garde cependant son sens car de plus en plus d’acteurs basculent vers des plates-formes même s’il n’y a pas forcément de carnet d’ordres centralisé.

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