L'Euribor dollar disparaît moins d'un an et demi après sa création

le 30/08/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'indice avait été créé pour concurrencer le Libor mais n'était pas encore devenu une référence. D'autres taux sont menacés par les défections

Délaissé par les banques, l’indice de référence USD Euribor, lancé il y a moins d’un an et demi pour concurrencer le Libor, cessera d’exister dimanche. «L’Euribor dollar était très peu utilisé, cela ne valait pas le coup pour les banques de continuer à y contribuer», explique Cédric Quéméner, directeur à l’Euribor-EBF, l’organisation qui gère les taux interbancaires européens. L’Euribor dollar, qui avait pu être fixé avec l’aide d’une vingtaine de banques (dont plusieurs non-européennes) à partir d’avril 2012, n’en comptait plus que 11 en juillet, soit moins que le minimum réglementaire. Sa disparition a été décidée d’autant plus rapidement qu’«il n’y avait pas de position ouverte dans le marché sur l’USD Euribor, donc le risque pour les banques était nul.»

La création de l’Euribor dollar avait été initiée en 2010, à la demande des établissements bancaires, alors que le Libor était soupçonné de manipulations et faisait l’objet d’enquêtes des autorités américaines et britanniques. Celles-ci ont depuis débouché sur quelque 2,5 milliards de dollars d’amende pour Barclays, RBS et UBS. Le Libor a été réformé cette année pour tenter de restaurer sa crédibilité. Il n’est plus administré par l’organisation des banquiers britanniques (BBA) mais par Nyse Euronext.

«Le temps de maturation nécessaire à un nouvel indice comme l’Euribor dollar est très important et à partir du moment où le Libor a été réformé, il n’y avait plus de raison pour les banques de participer à l’USD Euribor», assure Cédric Quéméner. Depuis la révélation des manipulations d’indices, les banques, soucieuses de limiter leurs risques juridiques, ont été nombreuses à quitter les indices européens, effritant encore la crédibilité de ces derniers. L’Euribor ne compte plus que 30 contributeurs. L’indice du marché du repo, peu utilisé, l’Eurepo, n’en compte plus que 15 et l’Eoniaswap, référence pour le marché des dérivés, n’a plus que 12 panélistes. «Seuls les benchmarks vraiment systémiques continueront à faire l’objet de contributions par les banques», juge le directeur de l’Euribor-EBF.

A la demande des autorités européennes de régulation, l’organisation bancaire a entamé une réforme de son organisation et de la gestion de l’indice. Elle devrait être achevée fin septembre. L’Euribor-EBF travaille par ailleurs avec la Banque centrale européenne (BCE) à l’élaboration d’un nouvel indice interbancaire basé sur des transactions réelles.

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