Le fonds de pension public du Japon s'apprête à modifier son allocation

le 05/06/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le gouvernement envisage de changer les statuts des fonds de retraite du pays pour privilégier les actions et les investissements à l'étranger

Le FMI attendait le gouvernement japonais sur les réformes structurelles pour décocher la «troisième flèche» de sa politique de redressement de l’économie, mais les projets de Tokyo ne semblent pas s’arrêter là. Reuters indiquait hier que le premier ministre Shinzo Abe prévoit d’utiliser la puissance de feu du fonds public des retraites (GPIF), dont les actifs dépassent les 1.530 milliards d'euros, pour soutenir le marché actions japonais, ainsi que les investissements à l’étranger.

Dans le cadre de son plan de relance budgétaire qui sera annoncé le 14 juin, le gouvernement devrait créer en juillet une commission destinée à examiner les stratégies d'investissement des fonds publics qui privilégient depuis des années les obligations d’Etat (JGB).

Fin 2012, les JGB représentaient 60% du portefeuille du GPIF. Ils ne peuvent statutairement se situer en-dessous du seuil de 59%. En revanche, les actions ne pèsent que 13% des actifs et leur part ne peut excéder 17%. La hausse de 50% de l’indice Nikkei constatée jusqu’au 22 mai ayant fait mécaniquement passer la part d’actifs dans le portefeuille du GPIF au-dessus de sa limite, à 19,5%, le fonds s’est vu contraint de céder massivement des titres, contribuant ainsi à la chute du marché constatée ces derniers jours.

«Le GPIF n’est pas seulement le fonds de retraite le plus important au monde. Plus important: son comportement sert de référence pour la plupart des autres fonds de retraite japonais ainsi que celui des banques d’investissement », explique GaveKal.

Si Shinzo Abe indiquait lundi que «la déréglementation constitue la priorité numéro un de notre stratégie de croissance», les investisseurs restent prudents sur sa portée. «Les yeux sont rivés sur la «troisième flèche» du programme ‘Abenomics’ qui est crucial pour le succès à moyen terme de la politique du gouvernement», estime Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ.

Après un rebond de la croissance du PIB de 3,5% au premier trimestre, le Japan Center for Economic Research estime qu’elle a atteint 0,9% en avril. Dans le même temps, les salaires ont progressé de 0,3% alors qu’une enquête révèle que les grosses sociétés du pays pourraient augmenter les bonus distribués à leurs salariés de 7,4% cet été, la plus forte hausse depuis 1990. Un signe encourageant pour la consommation intérieure, ainsi que l’objectif de sortie de la déflation poursuivi par Shinzo Abe.

A lire aussi