L'économie japonaise retrouve le sentier de la croissance

le 16/05/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Soutenue par la hausse des dépenses des ménages et du commerce extérieur, la croissance du PIB japonais a atteint 3,5% au premier trimestre

S’agit-il du premier signe de la rédemption tant espérée pour l’économie japonaise? Les chiffres publiés ce matin montrent une accélération de la reprise dans le pays avec une croissance du PIB qui a atteint 3,5% en rythme annuel au premier trimestre (0,9% en rythme trimestriel). Elle fait suite à une croissance de 0,3% au dernier trimestre 2012, et à deux trimestres consécutifs de contraction du PIB. Le niveau atteint est en outre bien meilleur que les 2,8% anticipés par le consensus, et traduit notamment une amélioration de la consommation privée, qui représente 60% du PIB japonais et a contribué, avec une hausse de 0,9%, à hauteur de 2,3 points à la croissance. Un rebond largement soutenu par la hausse des marchés actions. «Avec la hausse des dépenses de consommation, les effets de la politique menée par le cabinet de Shinzo Abe commence à produire ses effets», a indiqué le ministre de l’Economie, Akira Amari.

Depuis sa prise de poste en décembre dernier, le Premier ministre a lancé un programme de dépenses publiques de quelque 13.100 milliards de yens (environ 100 milliards d’euros) pour relancer l’activité et nommé un nouveau gouverneur de la BoJ qui a toutes latitudes monétaires pour ramener le yen à des niveaux plus faibles et atteindre un niveau d’inflation de 2% d’ici deux ans. Grâce à la chute du yen, qui revenait ce matin contre dollar à 102,15 mais reste en baisse de près de 20% depuis début décembre 2012, le commerce extérieur a ainsi également pu apporter sa pierre à la croissance du premier trimestre, avec une hausse de 16% des exportations sur un an.

Les économistes interrogés par le Japan Center for Economic Research prévoient en moyenne une croissance de 2,4% sur l’année fiscale qui s’achèvera fin mars 2014, contre seulement 1,4% il y a six mois. «Le Japon est clairement sorti de la période de stagnation de l’an dernier. Mais la clé est de savoir si Shinzo Abe est capable de proposer une stratégie de croissance susceptible de relancer les investissements des entreprises», estime Naoki Iizuka, économiste chez Citigroup. Le seul bémol sur les chiffres du premier trimestre a en effet été les dépenses d'investissement des entreprises qui ont chuté, de 2,4%, pour le cinquième trimestre consécutif.

En outre, depuis un mois le Japon paye le prix de sa politique ultra-expansionniste avec une hausse rapide des rendements des obligations d’Etat (JGB). La hausse du taux 10 ans qui a doublé en un mois a même contraint la BoJ hier à intervenir massivement en injectant 2.800 milliards de yens lors de ses opérations de refinancement, soit plus de trois fois le montant habituellement alloué, pour contrer la hausse des JGB.

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