La Commission européenne soupçonne une entente sur les prix du pétrole

le 15/05/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Des inspections ont visé plusieurs opérateurs de marché. Le fonctionnement des agences d'évaluation des cours de l'or noir est mis en cause

Les taux interbancaires ont eu leur scandale, le trading du pétrole devrait avoir le sien. La Commission européenne a révélé hier une série d'inspections visant plusieurs acteurs du marché pétrolier, des produits raffinés et des biocarburants. Elle soupçonne plusieurs opérateurs, dont Shell, BP et Statoil, de s'être concertés pour fournir aux agences d'évaluation des prix du pétrole (price reporting agencies ou PRA) des données faussées dans le but de manipuler les cours.

Les déclarations volontaires des traders permettent d'établir quotidiennement les prix de plusieurs références (Brent, WTI...) sur les marchés spot et dérivés. C'est ce processus dit d'évaluation des prix à la clôture de marché (MOC) qui est montré du doigt par la Commission. Les pratiques incriminées pourraient remonter jusqu'à 2002. «Même les plus petites distorsions des prix évalués peuvent avoir un énorme impact sur les prix des achats et ventes de pétrole, de produits raffinés et de biocarburants, affectant potentiellement les consommateurs finaux», souligne la Commission. L'agence Platts, filiale de McGraw-Hill et PRA de premier plan, a reçu la visite des inspecteurs bruxellois. Ces derniers soupçonnent en outre plusieurs sociétés d'avoir érigé des barrières à l'entrée afin d'empêcher d'autres acteurs de participer au processus d'évaluation des prix.

Les inspections ont été menées dans deux Etats membres ainsi que dans un troisième pays appartenant à l'espace économique européen, avec le concours de l'Association européenne de libre-échange. «Ces inspections inopinées sont une étape préliminaire pour enquêter sur des soupçons de pratiques anticoncurrentielles», note la Commission. Le fonctionnement des PRA se retrouve aujourd'hui sur la sellette. En octobre dernier, Iosco, l'organisation internationale des superviseurs de marché, a pourtant enterré tout projet de réforme, jugeant dans un rapport que l'application de sept grands principes, correspondant à un code de bonne conduite déjà adopté au printemps par les agences, suffirait. Il semblerait que l'autorégulation et la confiance accordée aux acteurs du marché n'aient pas payé...

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