Les observateurs craignent la spirale de la dette au Japon

le 24/04/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'OCDE exhorte Tokyo à stabiliser le niveau de sa dette publique, alors que S&P estime à un tiers la probabilité de dégradation de la note du pays

Voilà de quoi tempérer les ardeurs des investisseurs sur l'«Abenomics», le plan de relance mis en place par le gouvernement japonais de Shinzo Abe. Certes l’OCDE anticipe, dans sa dernière étude économique sur l’économie du pays publiée hier, une croissance de 1,4% en 2013 et 2014, et surtout le succès de la politique de la BoJ avec un retour à une inflation de 1,8% en 2014, après une baisse des prix de 0,1% en 2013. «Un assouplissement monétaire fort va stimuler la croissance et l'inflation, en partie grâce à l'affaiblissement du yen», se félicite l’OCDE.

Mais elle exhorte dans le même temps le gouvernement à prendre des mesures pour enrayer la spirale de la dette. «Il demeure primordial que le Japon s'attaque au problème de sa dette publique, dont le niveau est extrêmement élevé et continue de monter», alerte ainsi le rapport qui insiste sur la nécessité d’une consolidation «forte et prolongée(…) pour rétablir une configuration budgétaire durable».

La dette publique a atteint 220% du PIB en 2012, le niveau le plus élevé jamais observé dans la zone OCDE. Une tendance accentuée par un déficit budgétaire autour de 10% du PIB.

«La hausse récente des indices actions et la baisse des rendements pourraient être temporaires si les progrès économiques déçoivent les attentes de marchés», estime S&P dans un rapport publié hier qui estime la probabilité d'une dégradation de la note du pays à un tiers. L’agence reste sceptique sur la capacité du gouvernement à réformer son économie pour accroître la compétitivité du secteur privé et réduire le poids du secteur public.

Seule mesure dans l’agenda: la hausse de la TVA, actuellement à 10%, qui pourrait cependant faire chuter la croissance à 0,2% en 2014, après 2,2% en 2013, selon S&P. En outre, l’OCDE estime qu’une hausse du taux à 22% serait nécessaire, ceteris paribus, pour stabiliser la dette publique.

La confiance accrue des investisseurs dans la capacité du gouvernement à atteindre ses objectifs d'inflation et de croissance a entraîné une forte volatilité du rendement des obligations d’Etat japonaises (JGB). Après être tombé à 0,315% après l’annonce du programme historique de rachats d’actifs de la BoJ le 5 avril puis revenu à 0,65% la semaine dernière, le taux à 10 ans était à 0,585% hier. La volatilité à 10 jours a atteint 202% le 16 avril, son plus haut historique.

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