La dégradation de l'économie allemande met la pression sur la BCE

le 24/04/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les indices PMI montrent que la crise rattrape le secteur privé en Allemagne. Les marchés tablent sur une baisse des taux de la BCE dès mai

BCE : les économistes tablent sur una baisse des taux. Photo: PHB

La publication hier des dernières enquêtes de confiance auprès des directeurs d’achats est venue confirmer que la dégradation économique est en train de se propager à l’économie allemande. L’indice composite PMI s’est maintenu à 46,5 en avril dans la zone euro mais contre toute attente le secteur privé allemand s’est contracté pour la première fois en cinq mois.

Selon les premières estimations de l’enquête mensuelle Markit, outre-Rhin le secteur manufacturier et celui des services est tombé sous la barre des 50 à 48,8 contre 50,6 en mars. En France, l’indice composite est remonté à 44,2 mais reste nettement en dessous du seuil de 50 qui sépare croissance et contraction de l’activité. Tout porte ainsi à croire que la récession en Europe va se prolonger, ce qui pourrait pousser la BCE à baisser rapidement son principal taux directeur de 0,25% pour le ramener à 0,5%, estiment les économistes. Les marchés actions et monétaires ont aussi fait ce pari hier.

Les analystes de Credit Suisse pensent même qu’une baisse pourrait intervenir dès la semaine prochaine lors de la réunion de la BCE du 2 mai. «Plusieurs commentaires de la BCE ont montré que la possibilité d’une baisse du taux directeur était envisageable. Sur la base des enquêtes PMI, il est d’ores et déjà évident que cela peut se justifier par la faiblesse de l’activité, et plus encore, par la faiblesse de l’inflation», souligne Bruno Cavalier chef économiste chez Oddo Securities. La semaine dernière, le président de la Bundesbank Jens Weidmann n’a pas exclu une telle option. Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE, a jugé une baisse des taux possible mais considéré aussi qu’elle aurait un effet limité notamment dans les pays les plus fragiles.

«Cela ne changerait pas grand-chose à la situation d’ensemble. Le principal problème monétaire en zone euro ne tient pas actuellement au niveau des taux de refinancement bancaire, ni au montant des liquidités injectées par la BCE, mais à la mauvaise transmission de la politique monétaire à l’économie réelle», renchérit Bruno Cavalier. Selon lui, l’institut d’émission aurait davantage intérêt à lancer un programme d’achats de titres privés (obligations d’entreprises, titrisations).

La publication aujourd’hui de l’indice IFO sur le climat des affaires en Allemagne et de l’enquête sur la distribution du crédit bancaire, le «bank lending survey», de la BCE pourrait renforcer l’urgence à agir.

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