Le commerce intra-régional monte en puissance dans les zones émergentes

le 24/04/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si elle est favorable aux pays émergents, la régionalisation des échanges accentue l’impact global des chocs économiques, selon Euler Hermes

Le dynamisme des échanges devrait rester le moteur de l’économie au cours des prochaines années, montre l'étude d’Euler Hermes consacrée aux transformations du commerce mondial. Celui-ci «devrait croître de 7% en 2013 puis 11% en 2014, contre une hausse nominale du PIB mondial estimée à respectivement +5% et +8%». Cette progression sera inégale selon les secteurs d’activité et les zones géographiques.

Sur sept grands secteurs analysés, Euler Hermes chiffre à 820 milliards de dollars le potentiel additionnel de la demande mondiale à l’horizon 2015, soit une hausse de 15% sur la période. Les filières chimique et automobile devraient capter les trois quarts des importations nouvelles attendues. La chimie (+21%) bénéficiera du développement de la plasturgie et des engrais, tandis que les constructeurs automobiles (+22%) et leurs équipementiers (+15%) tireront parti de la demande émanant d’Amérique du Nord et de Chine. On trouve ensuite l’industrie agroalimentaire et la pharmacie (+10%), talonnées par les composants électroniques (+9%) et les matériels informatiques (+8%).

Si plus de la moitié des échanges des pays émergents se fait encore avec les pays avancés, le degré de dépendance des premiers a diminué de 12 points entre 2001 et 2011, au profit du commerce intra-régional. La zone Asean-Chine, l’Afrique et l’Europe de l’Est ont ainsi quadruplé leurs volumes commerciaux intra-zone en 10 ans, contre un doublement pour l’Europe occidentale. Alors que le commerce entre pays avancés devrait s’affaiblir, Euler Hermes mise sur un fort développement des échanges entre régions émergentes, ainsi qu’entre pays émergents et avancés. La Chine, le Vietnam, l’Indonésie, l’Inde et l’Angola arrivent en tête des pays à plus fort potentiel pour la demande d’ici à 2015.

En multipliant les canaux de transmission de chocs endogènes ou exogènes, la régionalisation des échanges favorise une plus grande dépendance de l’économie à des mesures protectionnistes ou à des difficultés liées aux chaînes d’approvisionnement, comme en témoigne la production automobile mondiale désorganisée par l’interruption de livraisons de composants produits au Japon, après le séisme de 2011.

Selon l’assureur-crédit, «une rupture totale d’approvisionnement en semi-conducteurs pourrait coûter par diffusion 32.000 milliards de dollars, soit la moitié du PIB mondial».

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