Le rapport Berger-Lefebvre laisse les professionnels sur leur faim

le 04/04/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Il valide les choix de l'exécutif sur le Livret A et la fiscalité du capital mais ne veut pas toucher à l'épargne salariale ni à l'épargne retraite

Au bout de six mois de travail et quelque 150 heures d’auditions, les députés Karine Berger et Dominique Lefebvre n’ont proposé mardi qu’un ajustement limité du cadre de l’épargne financière. Si leur rapport suggère de réorienter les encours d’assurance vie, il est conservateur sur la question de l'épargne réglementée, l’épargne salariale ou encore l’épargne retraite. Les ministres de l’Economie et du Budget qui se sont dits ouverts à une évolution de l’assurance vie, à la création d’un fichier central des contrats et d’un PEA-PME, se féliciteront que les deux élus socialistes avalisent beaucoup des choix du gouvernement.

Ces derniers écrivent en effet que les relèvements des plafonds des Livrets A et de développement durable «ne sont pas de nature à déstabiliser la répartition du stock de l’épargne financière». Ils préconisent seulement de continuer le relèvement du plafond du Livret A et d’orienter une partie de la collecte supplémentaire vers les infrastructures et les entreprises.

Cette bénédiction accordée à l’exécutif irrite les banquiers : «le relèvement du plafond du Livret A dont les fonds centralisés à la CDC sortent du bilan des banques, est contreproductif pour l’économie», a réagi la Fédération bancaire française hier.

Elle juge les modifications pronées par le rapport «insuffisantes» et en profite pour critiquer à nouveau l’imposition des revenus des placements mobiliers au barème de l’impôt sur le revenu. Les rapporteurs considèrent que cette mesure du budget 2013 «ne va pas forcément de soi au regard des incitations que les pouvoirs publics souhaitent donner aux comportements d’épargne des Français» mais ils ne la remettent pas en cause au nom de la «justice et l’équité fiscales» et du redressement des finances publiques.

Les députés renoncent aussi à renforcer l’épargne salariale. Ils la jugent pourtant très subventionnée et avec une allocation «discutable» car en partie dédiée au monétaire. Interrogée sur le déblocage annoncé de cette épargne, Karine Berger se contente d’expliquer que «conjoncturellement il n’est pas raisonnable d’augmenter l’épargne des Français».

Les députés ne souhaitent pas non plus toucher à l’épargne-retraite alors même qu’elle se caractérise à leurs yeux par un régime fiscal et social «peu lisible» et «sa faible diffusion». «Pourquoi faire un rapport sur l’épargne longue pour in fine ne rien dire sur le sujet de l’épargne retraite ?», glisse Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des épargnants.

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