L'Erafp défend son allocation d'actifs face à la Cour des comptes

le 15/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique dit ne pas avoir eu le choix d'investir dans des obligations périphériques

La Cour des comptes recommande à l’Etat de surveiller de plus près le système de retraite par capitalisation des fonctionnaires. Elle vient de rendre publique une lettre adressée au gouvernement par le premier président, Didier Migaud, sur le contrôle de l’Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique (Erafp). Ce dernier défend sa bonne gestion et demande plus de souplesse en matière d’allocation d’actifs.

L’Erafp a été créé en 2003 pour gérer le régime de retraite supplémentaire obligatoire de 4,3 millions de fonctionnaires. Dans son courrier daté de janvier, Didier Migaud assure que «l’Etat doit être tout particulièrement attentif à la stratégie d’investissement» de l’établissement et qu’«il convient de mieux cerner les risques induits par le choix et la détention des actifs». Il souligne que l’Erafp a augmenté son exposition aux obligations souveraines des pays périphériques de la zone euro en 2009 et constaté une moins-value de 650 millions d’euros fin 2011.

Philippe Desfossés directeur de l’Erafp nuance : «on ne provisionne pas les moins-values sur les obligations car on a vocation à les garder». Il explique que les autorités «disaient qu’il n’y avait aucun problème sur les pays périphériques» et souligne que jusqu’à la fin 2010, l’établissement était obligé d’investir au moins 75% de son portefeuille en obligations libellées en euro. Cette part a été abaissée à 65% depuis. L’Erafp peut par ailleurs détenir un maximum de 25% d’actifs de diversification et 10% d’immobilier.

L'Erafp aimerait qu’un décret lui accorde plus de souplesse pour son allocation. Il a «1,5 milliard d’euros à investir chaque année. Cet argent peut servir à financer des infrastructures, la transition écologique, les PME innovantes, etc.», soutient Philippe Desfossés. Fin février dernier, le portefeuille de 15 milliards d’euros (actif net global en valeur boursière) était investi à 59% en obligations souveraines et assimilées, 23% en actions et 13% en crédit.

La Cour affirme aussi qu’il faudrait «renforcer le suivi du pilotage actif-passif» et que «l’équilibre du régime dans la durée ne peut procéder que d’un taux de rendement fixé à un niveau faible». Là encore, le directeur de l’Erafp ne se laisse pas démonter. Selon lui, le régime est «géré de manière très prudente. Le taux de couverture des engagements est très largement supérieur à 100% et le rendement technique, à 4%, est un rendement soutenable».

A lire aussi