Calendrier serré pour l’union bancaire

le 15/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Conseil européen veut un accord sur le mécanisme unique de supervision dans les semaines à venir

Photo: PHB

Constatant un répit sur les marchés financiers, les leaders européens ont décidé, à l'issue de leur réunion qui s'est tenue hier soir, de maintenir la pression sur le législateur afin que plusieurs dossiers brûlants relatifs notamment à l’union bancaire soient bouclés d’ici à la fin de l’actuelle législature, c'est-à-dire au printemps 2014. «À chaque fois depuis juin» 2012, nos propositions «ambitieuses» en termes de calendrier ont été acceptées, s’est félicité un diplomate français.

Un accord politique inter-institutionnel sur la mise en place du superviseur européen, sous l’égide de la Banque Centrale Européenne (BCE), est impératif dans les prochaines semaines, estime les leaders européens dans des conclusions qu’ils ont adoptées le jeudi 14 mars. Le plus tôt possible avant la fin du mois de juin, les modalités de la recapitalisation bancaire directe par le Mécanisme européen de stabilité (MES) devront être arrêtées afin de permettre de casser le cercle vicieux entre difficultés bancaires et endettement public.

Liées, les négociations sur les propositions législatives relatives à l’harmonisation des régimes nationaux de garantie des dépôts et de restructuration bancaire ne pourront aller au-delà de juin afin de permettre à la Commission européenne de proposer, à l’été, son projet d’autorité européenne de restructuration bancaire pour les pays participant à la supervision unique. Ce texte devra être examiné «de façon prioritaire dans l’intention de l’adopter au cours du cycle parlementaire actuel», soulignent les leaders européens. Sans oublier le dossier Bâle 3 qui doit aboutir sans faute d’ici à la fin du mois de mars. Ce qui comprend également les détails techniques qui demeurent encore en suspens sur la question des bonus.

La réunion du Conseil européen ne semble pas avoir tourné à l’affrontement entre les pays partisans de l’austérité et ceux désireux de ralentir le rythme de l’assainissement budgétaire de peur de raviver la récession, ces derniers étant plutôt favorable à une politique tournée vers la relance de la croissance. «La consolidation budgétaire, les réformes structurelles et la croissance ne sont pas contradictoires mais se renforcent mutuellement», a estimé la chancelière allemande Angela Merkel, évoquant une discussion «consensuelle».

Chacun mesure la portée des efforts «courageux», a estimé le président François Hollande, ferme sur le respect de la trajectoire menant à l’équilibre budgétaire en 2017. Selon lui, «l’objectif aujourd’hui, c’est la croissance» et la lutte contre le chômage, surtout des jeunes. Mais de réaffirmer également tenir ses engagements tout en faisant en sorte «que cet effort ne contredise pas l'objectif de croissance». Pas un mot sur l’attitude de l’Allemagne qui, en tant que pays excédentaire, est invité à faire plus pour la croissance alors qu’elle vient d’annoncer un nouveau tour de vis budgétaire, ce qui lui permettra d'atteindre l'équilibre budgétaire un an avant l'objectif que ce pays s'était assigné. «C’est intéressant comme sujet», a pourtant ironisé ce même diplomate.

À dix-sept, les leaders européens ont ensuite évoqué la situation économique dans la zone euro, et notamment le cas chypriote à l’ordre du jour d’un Eurogroupe extraordinaire ce vendredi.

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