Londres pourrait pousser la BoE à changer son objectif d'inflation

le 08/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Banque d'Angleterre, qui opté pour le statu quo hier, pourrait s'éloigner de son objectif d'inflation de 2% à la demande du gouvernement

Faisant écho à la BCE, la Banque d’Angleterre (BoE) a opté hier pour le statu quo en laissant son principal taux directeur inchangé à 0,5% depuis mars 2009. La BoE a surtout décidé de ne pas relancer son programme de rachat d’actifs qui a atteint jusque-là 375 milliards de livres. La livre a reculé hier à environ 1,14 livres pour un euro, et les taux britanniques à 10 ans se sont tendus de plus de 6 points de base à environ 2% après ces annonces. La plupart des économistes interrogés par Bloomberg anticipaient pourtant cette décision.

A court terme, plusieurs éléments plaident néanmoins en faveur d’un assouplissement de la politique monétaire britannique. Tout d’abord, Mervyn King, l’actuel gouverneur de l’institut d’émission qui passera le relais au Canadien Mark Carney début juillet, s’était prononcé lors de la précédente réunion de février en faveur de rachats obligataires supplémentaires pour 25 milliards de livres. Il avait d’ailleurs été suivi dans cette voie par deux autres membres du comité de politique monétaire. Les minutes détaillées de la réunion d’hier qui seront publiées le 20 mars devraient permettre d’y voir plus clair sur les positions respectives des membres du conseil. En outre, les derniers résultats décevants du plan de soutien au crédit de la BoE, le FLS (Funding for lending scheme) semblent crédibiliser une prochaine reprise des rachats d’actifs.

«Le comité de politique monétaire attend de juger l’efficacité des mesures déjà prises. Il attend aussi le 20 mars la présentation du budget à l’occasion de laquelle les missions de la BoE pourraient être discutées», explique Catherine Stephan, économiste chez BNP Paribas.

Selon le Financial Times, George Osborne, le ministre des Finances, pourrait annoncer à cette occasion un changement d’objectif d’inflation actuellement fixé à 2% alors qu’il se montait à 2,7% en janvier. Les analystes de Société Générale CIB ne croient pas à un changement aussi rapide de braquet. Tout au plus estiment-ils qu’une telle décision ne pourrait intervenir qu’après l’installation de Mark Carney à la tête de la banque centrale. Mi-février lors de la présentation du rapport trimestriel sur l’inflation britannique, Mervyn King avait laissé entendre que la Banque d’Angleterre était prête à s’éloigner de son objectif de 2%. Le prochain rapport sur les prix est prévu le 9 mai.

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