Le cours du pétrole réagit peu au décès d'Hugo Chavez

le 07/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les experts estiment que la disparition du président vénézuélien ne devrait pas avoir d'impact majeur sur le marché du pétrole

Endeuillé par la mort d’Hugo Chavez, le Venezuela reste un acteur majeur des marchés pétroliers. Le pays, membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) possède en effet les plus grosses réserves de brut au monde (296 milliards de barils) devant l’Arabie Saoudite (265 milliards de barils). Le WTI s’échangeait hier à environ 90 dollars le baril, en repli d’environ 0,8%. Les investisseurs semblaient dans une position d’attente et n'ont pas vraiment réagi à la disparition d'Hugo Chavez. La production américaine reste en effet suffisante pour absorber les éventuels replis de production en provenance du Venezuela. En fait, c'est plutôt la publication de stocks américains hebdomadaires de pétrole en baisse, indicateur de l’évolution de l’activité économique, qui semble avoir pesé hier sur le cours de l’or noir.

De nouvelles élections doivent se tenir dans un délai de 30 jours pour désigner un successeur au président vénézuélien. Si son vice-président et dauphin Nicolas Maduro est élu pour lui succéder, «il maintiendra la même approche nationaliste envers le secteur pétrolier», a indiqué à l’AFP Diego Moya-Ocampos, analyste d’IHS Global Insight. «La transition laisse planer une incertitude sur la production de brut du pays, mais nous ne nous attendons pas à des changements majeurs dans la politique pétrolière de Caracas», ajoutent les experts du cabinet JBC Energy.

Hugo Chavez, qui avait fait de la manne pétrolière sa principale arme politique, n’avait pas hésité à nationaliser les actifs de groupes étrangers et à imposer le contrôle de la compagnie publique PDSVA. La société a fait savoir hier qu’elle continuait d’opérer normalement et qu’aucune interruption de production n’était prévue.

Pour Morgan Muffat Jeandet, économiste pour l’Amérique latine chez Natixis, Hugo Chavez laisse un bilan économique «loin d’être positif». Le pays pourrait même connaître la récession en 2013. Ce scénario pourrait se vérifier en cas d’interruption dans la production énergétique et de mouvements de violence dans la population qui sont restés jusqu’ici contenus. Il juge aussi les risques de dévaluation élevés et les perspectives économiques à court terme des plus incertaines. Cela n'a pas empêché le taux d'emprunt vénézuelien de repartir à la baisse hier.

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