L'impasse politique italienne ne détourne pas les investisseurs de la dette du pays

le 28/02/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Trésor italien a placé avec succès 6,5 milliards d'euros de titres à 5 et 10 ans bien que les coûts de financements soient en hausse

L'impasse politique dans laquelle se trouve l’Italie n’a pas dissuadé les investisseurs d’acheter de la dette du pays. Hier, le Trésor italien a réussi à placer 6,5 milliards d’euros de dette. Il a dû payer plus cher que lors des précédentes émissions comparables mais la demande était au rendez-vous.

L’Italie a ainsi placé 4 milliards d’euros de titres à 10 ans, à 4,83% contre 4,17% lors d’une émission de même maturité à la fin du mois de janvier. «Il aurait été frappant que les titres à 10 ans soient émis à 5% mais le rendement est ressorti confortablement en dessous», note le stratégiste taux de Crédit Agricole CIB, Orlando Green. Le Trésor a également mis sur le marché 2,5 milliards d’euros de titres, arrivant à maturité en 2017, à 3,59% contre 2,94% le mois dernier.

Même si aucune majorité ne s’est dégagée des dernières élections, les investisseurs, en quête de rendement ont été nombreux à répondre à l’appel. L’émission à 10 ans a été sursouscrite 1,65 fois (contre 1,32 pour l’émission de janvier) et la demande pour l’émission à 5 ans a été 1,61 fois supérieure à l’offre (contre 1,30 lors de la dernière opération comparable). Sur le marché secondaire, les taux à 10 ans italiens se détendaient de 8,5 points de base à 4,79% hier soir. Le spread avec les titres allemands s’est ainsi resserré à 335 pb.

La situation politique est pourtant toujours aussi bloquée. Hier, le chef du parti M5S, Beppe Grillo, a fermé la porte à toute alliance avec le centre-gauche emmené par Pier Luigi Bersani. De l’autre côté, un proche de Bersani, Nichi Vendola, a rejeté l’idée de s’allier avec le centre-droit de Silvio Berlusconi alors que celui-ci s’était dit ouvert à un partenariat. Cette incapacité à former un gouvernement n’est pas pour rassurer les investisseurs: «Les semaines et peut-être les mois d’incertitude qui s’annoncent pourraient entamer la confiance dans l’économie italienne et freiner la reprise», écrivaient les stratégistes de Deutsche Bank hier. Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, a aussi appelé hier les politiques italiens à se doter rapidement d’un exécutif, redoutant la «contagion» à d’autres pays.

Hier, la dette des autres pays «périphériques» de la zone euro voyait plutôt ses rendements baisser. Ainsi, le taux des titres à 10 ans espagnols diminuait de 13 pb à 5,21% alors que le Premier ministre Mariano Rajoy a annoncé un déficit pour 2012 plus bas que prévu à 6,7% du PIB.

A lire aussi