Axa IM veut déployer ses expertises à l’échelle mondiale

le 27/02/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La collecte est redevenue positive l'an dernier. Le gérant continue à se développer en Europe et en Asie, en attendant la relance aux Etats-Unis

Pour Axa IM, l’année 2012 aura marqué une rupture. Après cinq ans de crise financière et l’explosion en vol de sa filiale américaine Axa Rosenberg, le gérant d’actifs a retrouvé une collecte nette positive l’an dernier, de 3 milliards d’euros, qui aurait été supérieure si un contrat d’épargne salariale de 4 milliards, jugé non rentable, n’avait pas volontairement été abandonné. Les encours, eux, ont progressé de 8%, au niveau historique de 554 milliards d’euros, pour l’essentiel grâce à l’effet marché (45 milliards).

Le cas Rosenberg est désormais réglé. «En 2006, Rosenberg faisait 35% de la rentabilité d’Axa IM, explique Dominique Carrel-Billiard, directeur général du groupe. Aujourd’hui cette part est tombée à zéro, mais, dans le même temps, le groupe a fait progresser ses résultats de 10%.» Le bénéfice opérationnel a atteint 223 millions d’euros l’an dernier. La filiale de gestion d’Axa a fait monter en puissance de nouvelles expertises, comme la gestion crédit aux Etats-Unis, amélioré son mix produit, tandis que les fonds monétaires ne représentent plus que 25 milliards d’euros d’encours. «Depuis 2009, sur la clientèle de tiers, le taux de marge moyen a augmenté de 31%», fait valoir Christophe Coquema, directeur des opérations (COO) d’Axa IM.

Le groupe veut désormais repousser ses frontières. La collecte est pour l’essentiel réalisée en Europe, avec une petite part en Asie et au Japon. «Nous sommes aujourd’hui une plate-forme essentiellement européenne dans une industrie en voie de mondialisation et de concentration», souligne Dominique Carrel-Billiard. A terme, la société devra rebâtir des capacités de distribution aux Etats-Unis, où la collecte est nulle. Les équipes commerciales seront aussi renforcées en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Suisse, au Japon et à Hong Kong. Une équipe a été constituée en 2010 pour traiter les consultants qui mènent les appels d’offre pour les institutionnels. Alors qu’Axa représente encore 68% des encours et 50% des commissions, la part des autres clients (institutionnels et distributeurs) a vocation à augmenter.

Axa IM ne livre pas d’objectifs. Mais, dans un entretien à L’Agefi Hebdo en novembre, Dominique Carrel-Billiard indiquait viser le «top 10» mondial et 200 milliards d’euros d’encours supplémentaires à horizon 2015, dont la moitié sur la clientèle de tiers.

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