La dégradation de la Grande-Bretagne par Moody's fait chuter la livre

le 26/02/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La devise britannique est tombée lundi au plus bas face à l'euro depuis juin 2012. Les traders augmentent leurs positions vendeuses

Sous pression depuis le début de l’année, la livre n’en finit plus de perdre son statut de valeur refuge. Hier, la devise britannique a encaissé de plein fouet la dégradation infligée vendredi par l’agence Moody’s au Royaume-Uni désormais privé du précieux AAA, en raison notamment de la faiblesse des perspectives de croissance économique. La livre a chuté hier à son plus bas niveau depuis près de 16 mois face à la monnaie unique à environ 1,135 euro. Face au dollar, la livre a même atteint un point bas depuis près de deux ans et demi (1 livre contre 1,52 dollar).

La semaine dernière, la publication des minutes de la Banque d’Angleterre (BoE) avait déjà jeté un coup de froid sur la monnaie britannique car l’institution s’est montrée prête à adopter une politique plus accommodante. Le compte-rendu détaillé de la réunion de la BoE a en effet révélé que trois de ses membres, dont Mervyn King, son actuel gouverneur, ont voté en faveur d'une augmentation de 25 milliards de livres du programme de rachat de dettes pour le faire passer de 375 milliards à 400 milliards de livres (457 milliards d'euros).

En outre, il semble que les traders aient augmenté leurs positions vendeuses sur la livre au cours de la semaine dernière, si l’on en croit les données publiées vendredi par l’autorité américaine des marchés financiers, la CFTC (Commodity futures trading commission). La tendance parait alimentée par les positions spéculatives vendeuses prises par les hedge funds.

Les analystes estiment que la dégradation de la note britannique renforce le scénario d’une nouvelle opération d’assouplissement monétaire («quantitative easing»), ce qui pourrait encore peser sur la livre mais de façon limitée, le marché ayant déjà en grande partie intégré l’ensemble de ces paramètres.

La perspective d’une politique monétaire ultra-accommodante devrait en revanche continuer de soutenir le Gilt britannique. Les obligations d’Etat britannique n’ont que brièvement cédé du terrain lundi dans la foulée de l’abaissement de note avant de repartir de l’avant. Le rendement de l’emprunt britannique à 10 ans ne s'est tendu que de 2 points de base à 2,12%.

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